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Pourquoi les beaux quartiers de Paris sont-ils à l'Ouest ?

Vous avez peut-être déjà eu l’occasion d’arpenter à Paris ce qu’on appelle "les beaux quartiers". A savoir le XVIe le VIIe, le VIIIe, et une partie du XVIIe (baptisée par les agents immobiliers "le bon dix-septième", c’est-à-dire son versant ouest). Ajoutez Neuilly-sur-Seine, la seule commune de banlieue ayant trouvé grâce aux yeux des élites.

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Et comme par hasard, Neuilly se trouve à l’ouest de la capitale. Retenons ce moyen mnémotechnique : sur la carte, les riches sont à gauche.

Pour quelle raison ? 

Dans l’histoire de Paris, les privilégiés ont commencé à se regrouper géographiquement depuis le XVIIe siècle. Auparavant, la ségrégation opérait de manière non pas horizontale, mais verticale : les riches habitaient au 1er et au 2e étage, les classes pauvres occupaient les étages élevés, et le petit personnel s’entassait sous les toits. Puis l’arrivée de l’électricité et de l’ascenseur a remodelé le paysage urbain. Tous les étages se valaient. 

Certes, la prédominance de certains arrondissements a varié. Vers 1850, 1/4 des membres du très chic Jockey-Club résidaient dans le IXe arrondissement. En 1909, ils représentaient moins de 2%. En 2016, on les cherche. 

En un siècle, les grandes familles ont élu l’ouest de la capitale. Sur quels critères ?

La proximité du bois de Boulogne ? Discutable. A l’Est, le bois de Vincennes aurait pu également servir de pôle d’attraction. 

L’entourage de belles demeures ? Certainement pas. Car c’est d’abord au Centre —dans ce qui est devenu l’Est— que s’est construit le Paris prestigieux ; de la Place des Vosges aux hôtels particuliers du Marais, sans oublier l’Ile de la Cité.

La seule explication objective repose sur... du vent

Oui !  du vent ! A Paris, la bise souffle principalement de l’Ouest vers l’Est. Par conséquent, les quartiers ouest sont moins exposés que d’autres aux fumées domestiques et industrielles. Et il y en a eu ! Des fabriques en tous genres, des tanneries et des fonderies aux hautes cheminées odorantes. Et aussi des industries : les usines Citroën se trouvaient de 1915 à 1974 sur les berges de la Seine (face au pont Mirabeau) sur ce qui deviendra justement le quai André Citroën. 

Bref : l’argent n’aime pas l’odeur. 

Jusqu'à preuve du contraire...

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