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Macron sur TF1 : "Toute l’interview s’est faite au milieu d’un désordre enfantin"

Les invités des "Informés de franceinfo" sont notamment revenus, jeudi soir, sur l’interview du président de la République, Emmanuel Macron, au JT de 13 heures sur TF1.

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Emmanuel Macron, le 12 avril 2018 à Berd\'huis (Orne).
Emmanuel Macron, le 12 avril 2018 à Berd'huis (Orne). (MAXPPP)

Jeudi 12 avril, Emmanuel Macron avait une heure pour convaincre. Le président de la République était l'invité du journal de 13 heures sur TF1. L'un des objectifs de cette interview, à une heure inhabituelle, était de remettre du lien avec une partie des retraités. A-t-il réussi cet exercice ? Pour les invités des "Informés", jeudi soir, l’exercice est à remettre en question tant sur le fond que sur la forme.

L'extrait

franceinfo : Sur la forme de l’interview, cela servait-il à quelque chose de voir ces deux hommes assis sur deux chaises d’une classe maternelle ?

Isabelle Veyrat-Masson : Au départ, j’ai trouvé que la mise en scène n'était pas si bête. Il sortait des ors de la République, je pensais qu’on allait voir une vraie classe et je voyais le président de la République être pédagogue et porter un vrai message. Mais quand j'ai vu les images, nous n'étions pas dans une école de la République, ni dans la IIIe ni dans la IVe République, nous étions dans une crèche, dans une école de petits, avec des couleurs, avec des dessins, il ne s’agissait pas de faire de la pédagogie mais faire de l’animation. Une animation en totale contradiction avec les thèmes abordés : on a parlé de la guerre en Syrie avec la projection d’un enfant mort, ensanglanté, superposés sur des dessins enfantins (...) il y avait là quelque chose de presque indécent. Toute l'interview s'est faite au milieu d'un désordre enfantin, dans lequel on allait tout de même parler de la grève, de la violence à l’égard des zadistes ou de la gendarmerie. A mon avis cela contredisait à chaque instant ce dont parlait le président de la République. A moins que ce soit ça le message. Peut-être voulait-il dire : "Je suis gentil, je suis un doux, et pourtant je vais dire non à tout ce que vous demandez."

Les invités

Jean-Dominique Merchet, journaliste à L’Opinion, spécialiste défense et diplomatie.

Isabelle Veyrat-Masson, chercheuse au CNRS, directrice du laboratoire Communication et Politique.

Mathieu Alterman, journaliste au Point Pop, chroniqueur sur Europe 1.

Jannick Alimi, rédactrice en chef adjointe au service Politique du Parisien/Aujourd'hui en France.

Sylvain Courage, rédacteur en chef à L’Obs.

Emmanuel Macron, le 12 avril 2018 à Berd\'huis (Orne).
Emmanuel Macron, le 12 avril 2018 à Berd'huis (Orne). (MAXPPP)