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Les Informés. "Jean-Luc Mélenchon n'est plus dans le combat antifasciste"

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Les élections législatives ont occupé les débats des Informés de franceinfo jeudi. Ils se sont penchés sur les stratégies de La République en marche et de la France insoumise. 

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Jean-Luc Mélenchon le 11 mai 2017 à Marseille.  (SPEICH FREDERIC / MAXPPP)

Législatives : La République en marche "prépare les alliés de demain"

Pascal Blanchard, historien et chercheur, a décortiqué jeudi 11 mai sur franceinfo la stratégie de La République en marche pour les élections législatives. Le parti du futur Président a dévoilé ses 428 premiers candidats. Il lui reste 148 places à donner, mais le politologue a prévenu : "Dans certains cas, il n'y aura peut-être pas de candidat La République en marche, et un candidat UDI à protéger."

"Le calcul de l’État-major, c’est qu’ils vont avoir du mal à avoir une majorité parlementaire" a expliqué Pascal Blanchard. "L’idée c’est de déjà préparer les alliés de demain, et la meilleure manière pour qu’ils soient là, ce n’est pas que le Front national gagne dans leur circonscription. C’est que ces alliés soient bien élus demain au Parlement, à la fois à l’UDI et à la fois au Parti socialiste." a-t-il décrypté. 

Jean-Luc Mélenchon et son "nomadisme électoral"

Jean-Luc Mélenchon, candidat malheureux à l'élection présidentielle, a annoncé mercredi 10 mai vouloir se présenter dans la quatrième circonscription de Marseille pour les élections législatives. Une candidature qui fait débat : le leader de la France insoumise affrontera la socialiste Patrick Mennucci. "Il y aura certainement une triangulaire au deuxième tour. C’est une circonscription qui est imperdable normalement pour la gauche. Il peut en plus la faire perdre." a regretté Pascal Blanchard.

Il a continué : "Aujourd’hui il joue une carte que je trouve inacceptable en terme de morale politique. Ce n’est pas seulement du nomadisme politique, c’est d’aller dans un endroit où il est sûr de gagner, dans sa tête. Et quelque part ce n’est pas une preuve de courage."

Le politologue a comparé la situation à celle de 2012 : "Il était allé s’opposer à Marine Le Pen, à Hénin Beaumont , j’avais trouvé qu’il y avait une forme de brio." Il a regretté que Jean-Luc Mélenchon ait "mis les armes à bas face au Front national." "Ça prouve qu'il y a eu un énorme changement en cinq ans. Quelque part Mélenchon n'est plus dans ce combat antifasciste" qui selon lui faisait l'ADN "sur les cinquante dernières années de l'extrême gauche."  

Sophie Fay, cheffe du service économie de L’Obs a complété ses propos : "C'est de la vieille politique" a-t-elle condamné. Elle a rappelé que Jean-Luc Mélenchon "est député européen. Il avait aussi une mission, il s’est fait élire. Les gens ont voté pour lui, pour qu’il aille au parlement européen. Ces électeurs comptent pour quoi ? Quel est le respect aussi vis-à-vis de ses électeurs ?" a-t-elle demandé. 

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