"Le Lycéen" : Christophe Honoré regarde sa jeunesse

écouter (8min)

Jules de Kiss évoque les sorties cinéma de la semaine avec Thierry Fiorile et Matteu Maestracci : "Le Lycéen" de Christophe Honoré et "Fumer fait tousser" de Quentin Dupieux.

Article rédigé par
Publié
Temps de lecture : 1 min.
"Le Lycéen" (Paul Kircher) de Christophe Honoré. (JEAN-LOUIS FERNANDEZ)

Même si on n'est pas en Bretagne dans les années 80, mais aujourd'hui, dans les Alpes, c'est bien la jeunesse de Christophe Honoré qui est évoquée dans son film, Le Lycéen.

Lucas, 17 ans, est un adolescent rieur et insouciant, dont la vie bascule quand son père se tue dans un accident de voiture. Dans cette famille de classe moyenne, la mère, Juliette Binoche, fait ce qu'elle peut pour maintenir l'équilibre de ses deux fils. L'aîné, artiste en herbe, Vincent Lacoste, propose de prendre avec lui son petit frère à Paris, le temps de surmonter le choc de la perte du père.

Dans la grande ville, l'ado, homosexuel assumé, expérimente, se met en danger et finit par se perdre. Révélation du film, Paul Kircher illumine par sa beauté, son naturel, sa fragilité. Le Lycéen est un mélo tendre et cruel, du grand Honoré, qui maîtrise parfaitement images et montage, avec une nouvelle fois cette langue qui est sa signature, car le cinéaste est aussi écrivain, dramaturge, metteur en scène au théâtre.

Son récit très personnel atteint avec élégance une dimension universelle. De films en pièces, il tournait autour de sa propre histoire depuis des années, ce film aborde le sujet frontalement ; il a su attendre le bon moment pour le faire.

Fumer fait tousser de Quentin Dupieux

Le réalisateur et musicien français ne perd pas son rythme d'un film par an – quelques mois seulement après Incroyable mais vrai – cette fois, il revient avec une comédie à la drôlerie potache et assumée, même si une vraie mélancolie, voire un regard inquiet sur notre civilisation, se retrouve entre les rires.

L'histoire, si l'on peut dire, c'est celle des Tabac Force, des super-héros version sentai japonais, à la Bioman ou Power Rangers, qui luttent contre des monstres et le tabac, pour résumer, et pour renforcer la cohésion du groupe leur chef, un rat dégueulasse et libidineux avec la voix d'Alain Chabat les envoie en camping, où ils vont se raconter leurs meilleures histoires à faire peur, l'occasion pour Dupieux de donner libre cours à son imagination pas possible.

Et au casting, on retrouve entre autres Gilles Lellouche, Vincent Lacoste, Jean-Pascal Zadi et Anaïs Demoustier et Oulaya Amamra. 

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.