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Faut-il bouleverser le fonctionnement des IUT ?

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Le projet de loi sur l'université est examiné à partir de ce mercredi au Sénat. Il a déjà été voté à l'Assemblée nationale, mais il provoque des remous, en particulier sur le rôle des IUT. Le gouvernement veut mettre en place des quotas, dans ces instituts, pour les titulaires d'un bac technologique.
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Radio France
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Les IUT, les instituts universitaires de technologie, proposent
des filières courtes, avec souvent des formations de qualité et un bon encadrement.
Ils ont du succès et en même temps, vivent sur un paradoxe : les 115 IUT de
France accueillent surtout des étudiants titulaires d'un bac général. Seuls 28%
des élèves d'IUT viennent du bac technologique. Le gouvernement voudrait qu'ils
soient au moins 35% ou 40%. Souvent, ils restent à la porte des IUT et ils se
retrouvent perdus à l'université.

Depuis plusieurs semaines, les directeurs d'IUT contestent
le projet du gouvernement. "L'accueil des bacheliers technologiques est
un problème que les IUT ont abordé depuis un moment et sur lequel nous
travaillons. Ce n'est pas sur cette nécessité qu'il y a un problème
", explique Guillaume
Bordry, directeur de l'IUT Paris-Descartes, président de l'association des
directeurs d'IUT.

"Nous n'avons pas attendu la loi pour commencer à
travailler sur la question. Je trouve que dans la position du gouvernement et
dans cette volonté de prendre les lauriers de ce travail, il y a quelque chose
d'un peu difficile à avaler. Il y a des moyens plus intéressants que les quotas
pour faire réussir les bacheliers.
"

Un problème ?

Les IUT ont été créés avant les baccalauréats
technologiques, et n'en sont pas le débouché naturel. Selon Guillaume Bordry "demander aux IUT de remplir cette mission, volontiers,
mais que l'on ne nous dise pas que l'on a été créé pour cela. Il y a à
peine un tiers des titulaires de bac techno qui postulent en IUT. Donc le
travail doit être fait sur la possibilité d'ouvrir les IUT à cette population
là.
"

L'orientation

La question se pose aussi pour les titulaires d'un bac
professionnel. Pour eux aussi, le gouvernement veut des quotas dans les
filières spécialisées.

Catherine Petitot, proviseure dans un lycée professionnel à
Nice, secrétaire générale adjointe du SNDPDEN, le syndicat des chefs
d'établissements explique que sa "position n'est pas d'imposer des quotas
généraux et globaux. Cela n'aurait pas de sens. Par contre, si nous voulons une
progression d'étudiants diplômés de l'enseignement supérieur, il faut
absolument que l'on facilite l'accès aux filières BTS et IUT à nos élèves des
filières technologiques, il faut veiller à ce qu'une partie de nos bac pro
aient des places réservées. Pas forcément partout, il faut discuter au cas
par cas.
"

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