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Affaire Merah : Latifa Ibn Ziaten à la rencontre de jeunes "perdus"

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C'était il y a bientôt un an. Le 11 mars 2012, Imad Ibn Ziaten était le premier militaire abattu par Mohamed Merah. Depuis, sa mère se bat pour savoir ce qui s'est exactement passé. Latifa Ibn Ziaten veut surtout empêcher d'autres drames en allant à la rencontre de jeunes "perdus". Témoignage.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (©)

La souffrance est présente constamment pour Latifa Ibn
Ziaten qui suit l'enquête de près et continue à espérer. "Nous avons vu
le juge la semaine dernière, la justice continue et nous avons confiance en elle et j'attends toujours la vérité pour faire le deuil.
"

Latifa Ibn Ziaten vient de publier Mort pour la France , chez
Flammarion
. "Mon fils est mort pour la France parce qu'il était militaire. " L'Etat n'a pas retenu cette expression mais considère qu'Imad Ibn Ziaten est "mort pour la nation ". Dans son livre, sa mère tente
d'analyser les gestes de Mohamed Merah et les racines de ce crime. Après
plusieurs mois, elle penses avoir compris : "Quand on voit le
parcours de Mohamed Merah, il n'y avait pas d'éducation. J'en veux beaucoup à
la mère et au père. Pourquoi n'a-t-on pas fait attention à cet enfant ? Il
fallait l'aider, le soigner.
"

Le documentaire Affaire Merah, itinéraire d'un tueur ,
réalisé par Jean-Charles Doria, sera diffusé mercredi 6 mars sur France 3.
Certaines familles sont choquées par ce documentaire où des proches
de Mohamed Merah s'expriment. Latifa Ibn Ziaten le comprend : "Ils ont le droit de s'exprimer, de montrer. Il faut
que les gens sachent, qu'ils entendent le message d'une mère.
"

Latifa Ibn Ziaten a créé une association en mémoire de son
fils afin d'aller vers les jeunes tentés par le djihad et vers ceux qui semblent "perdus". "Je veux savoir pourquoi
ils ont autant de haine, pourquoi ils ne respectent pas le droit de ce pays. On
doit vivre ensemble, se respecter.
"

Savoir écouter et respecter les autres

Au départ, c'est Latifa Ibn Ziaten qui allait vers les
jeunes, mais depuis quelques temps,ce sont les gens qui l'appellent
directement. "Ce sont beaucoup de jeunes en stress, des familles, des
mères qui ne savent plus comment faire.
"

L'Islam n'a rien à voir avec ce qui s'est passé, explique Latifa Ibn Ziaten. "L'Islam c'est personnel. Sans l'Islam je ne serais pas là, la douleur est trop dure. La foi de l'Islam c'est très fort : pour moi c'est la paix, c'est la joie, c'est le bonheur, c'est le partage. " Mais cette "foi" qu'elle défend n'est pas rattachée à une religion en particulier. Elle insiste : "Il faut avoir du coeur et ne pas s'arrêter aux apparences. "

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