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Les minerais de la guerre

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Depuis 1998, l'est de la RDC est en guerre. L'enjeu est le contrôle de terres rares, indispensables pour nos appareils électroniques. Dans ces mines dirigées par des chefs de guerre, les ouvriers sont aussi des femmes et des enfants.
Article rédigé par
Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

C'est une mine
creusée en terrasse.
Un immense cratère à ciel ouvert avec sur chacune des
larges marches, des hommes équipés de pioches ou de pelles. Parmi eux il y a aussi
des femmes enceintes et  des enfants. D'autres
hommes, armés eux, veillent sur ces fourmis qui s'activent dans la boue. Nous
sommes dans l'est de la République démocratique du Congo, Dans le Kivu, cette
région qui depuis 1998 n'a rien connu d'autre que la guerre.

Ces hommes,
ces femmes et ces enfants travaillent pour des milices
, des armées rebelles
dirigées par des chefs de guerre. Ces derniers n'ont aucun scrupule à
embrigader des enfants, des orphelins drogués, pour soit travailler à la mine,
soit porter un fusil d'assaut AK-47. Les femmes sont régulièrement violées.
Près de cinq millions de personnes ont été tuées dans ce conflit complexe dont
l'enjeu est le contrôle de ces ressources minières gigantesques.

Ces mines hors
la loi alimentent les plus grandes entreprises d'électronique du monde
. Nos
téléphones portables, nos ordinateurs et autres tablettes, les consoles de jeux
ont besoin de ces minerais pour fonctionner. Il y a du tantale, de l'étain, de l'or,
du cobalt. Le coltan par exemple sert à la fabrication des batteries.

Dans son
dernier numéro, le magazine National Geographic qui fête ses 125 ans par la
même occasion consacre un reportage à cette guerre des minerais . De son côté
l'ONG Global Witness, basée à Londres, travaille depuis 15 ans à alerter et
à témoigner sur ces conflits liés aux ressources naturelles. Des guerres qui
engendrent corruption et violations des droits environnementaux et des droits
de l'homme. Sophia Pickles est une chercheuse spécialiste de cette région de la
RDC, le Kivu. Elle se rend régulièrement sur place pour évaluer la situation : "Bon nombre des
mines de l'est sont toujours sous le contrôle des unités militaires, des
rebelles, des milices qui sont en train de, vraiment, commettre des abus
terribles contre la population locale. Et donc, il y a toujours quelque chose à
faire."

Sophia Pickles
reste néanmoins optimiste. Les Américains ont interdit le commerce de ces
minerais qui financent des conflits. L'Europe s'apprête à le faire, et Sophia
Pickles note quelques frémissements positifs sur place. Mais le chemin reste
encore très long, jusqu'à ce les enfants du Kivu troquent leur Kalachnikov
contre des livres d'école.

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