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"Rue des voleurs" de Mathias Enard

Comme chaque jeudi, le coup de cœur littéraire de Christophe Ono-dit-Biot. Aujourd'hui, le dernier livre de Mathias Enard, Goncourt des lycéens en 2011, Rue des voleurs chez Actes Sud

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Après l'expérimental Zone écrit en une seule phrase, Mathias Enard signe depuis l'Espagne un ouvrage qui observe deux jeunesses : celle venue du Maroc et celle de l'Espagne.

Un roman qui plonge dans la politique mais avant tout un roman. Car Enard possède un incroyable talent de conteur qui nous emmène de Tanger à Barcelone. Mais ce n'est pas le seul voyage : il y a aussi le voyage sexuel du roman, un voyage économique, un voyage politique et littéraire...

Mot de l'éditeur

C'est un jeune Marocain de Tanger, un garçon sans histoire, un musulman passable, juste trop avide de liberté et d'épanouissement, dans une société peu libertaire. Au lycée, il a appris quelques bribes d'espagnol, assez de français pour se gaver de Série Noire. Il attend l'âge adulte en lorgnant les seins de sa cousine Meryem. C'est avec elle qu'il va "fauter", une fois et une seule. On les surprend : les coups pleuvent, le voici à la rue, sans foi ni loi.

Commence alors une dérive qui l'amènera à servir les textes – et les morts – de manières inattendues, à confronter ses cauchemars au réel, à tutoyer l'amour et les projets d'exil.

Dans Rue des Voleurs , roman à vif et sur le vif, l'auteur de Zone retrouve son territoire hypersensible à l'heure du Printemps arabe et des révoltes indignées. Tandis que la Méditerranée s'embrase, l'Europe vacille. Il faut toute la jeunesse, toute la naïveté, toute l'énergie du jeune Tangérois pour traverser sans rebrousser chemin le champ de bataille. Parcours d'un combattant sans cause, Rue des Voleurs est porté par le rêve d'improbables apaisements, dans un avenir d'avance confisqué, qu'éclairent pourtant la compagnie des livres, l'amour de l'écrit et l'affirmation d'un humanisme arabe.

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