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Pass vaccinal : les "non-vaccinables" seront-ils "eux-aussi privés de liberté", comme l'affirme Valérie Pécresse ?

La candidate LR à la présidentielle assure que ceux qui ne peuvent pas être vaccinés contre le Covid pour raison médicale seront aussi pénalisés par la mise en place d'un pass vaccinal. C'est faux.

Article rédigé par Joanna Yakin
Radio France
Publié
Temps de lecture : 84 min
Valérie Pecresse, présidente de la région Île-de-France et candidate du parti de droite Les Républicains (LR) à l'élection présidentielle, le 4 janvier 2022. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Alors qu'Emmanuel Macron a assumé dans les colonnes du Parisien vouloir "emmerder" les non-vaccinés, la candidate LR à la présidentielle Valérie Pécresse a dénoncé un "terrible manque d'empathie". Interrogée mercredi 5 janvier sur Cnews, Valérie Pécresse a expliqué "qu' il y a des Français effectivement qui refusent de se vacciner par conviction personnelle, mais il y a aussi des Français qui ne le peuvent tout simplement pas, parce qu'il souffrent de pathologies graves. Et eux aussi, ils vont être privés de liberté." Les "non-vaccinables" ont pourtant le droit aujourd'hui au pass sanitaire et le texte débattu par les parlementaires ne prévoit pas de changer cela.

Un QR code prévu pour les non-vaccinables

Contrairement à ce que laisse entendre Valérie Pécresse, les "non vaccinables" ne sont pas coincés chez eux, privés de restaurant ou de cinéma. Depuis le mois d'août et l'extension du pass sanitaire, la loi prend bel et bien en compte la situation de ceux qui ne peuvent pas se faire vacciner pour raison médicale. Comme l'indique aussi le site de l'Assurance maladie, un décret "prévoit les cas de contre-indications médicales faisant obstacle à la vaccination contre le Covid-19". Ce décret liste une dizaine de catégories faisant exception à la vaccination. Les personnes allergiques à un des composants du vaccin, par exemple, ou encore celles ayant été victimes d'une myocardite dans le passé font par exemple partie de cette liste. Récemment, cette liste a même été allongée pour pouvoir prendre en compte certaines maladies rares, après avis d'expert.

La vaccination étant reconnue comme contre indiquée pour ces personnes, leur médecin peut remplir un document Cerfa qui est ensuite transmis à l'Assurance maladie. "Après validation du certificat par les services médicaux de l’Assurance maladie, le patient recevra son passe sanitaire 'activités' dans un délai d’une semaine maximum après que son dossier ait été considéré comme recevable", indique la DGS. Concrètement, les "non-vaccinables" bénéficient bien d'un QR code qui leur est fourni par la Sécurité sociale et leur donne accès aux lieux soumis au pass sanitaire.

Par ailleurs, lundi 3 janvier, le rapporteur du texte prévoyant la mise en place du pass vaccinal a assuré devant les députés à l'ouverture des débats que "le projet de loi ne modifie en rien les règles applicables aux contre-indications médicales à la vaccination".

Autrement dit, ceux qui ne peuvent pas se faire vacciner ne sont pas davantage privés de liberté que les autres citoyens français. Aujourd'hui, ils ont le droit au pass sanitaire et – en tout cas d'après le gouvernement – ils pourront continuer à aller au restaurant si le pass vaccinal devient la règle.

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