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Paris, ville la plus polluée du monde la semaine dernière ?

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La vice-présidente de l'UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet, l'assure : "Jeudi dernier, Paris a été quelques heures la ville la plus polluée du monde, on est d'accord sur ce point : c'est un triste record !" Sauf que c'est faux.
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Radio France
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  (Nathalie Kosciusko-Morizet affirme que Paris était la ville la plus polluée au monde jeudi dernier © Maxppp)

Faux

Nahtalie Kosciusko-Morizet devrait d'ailleurs le savoir : l'information a été largement démontée depuis la semaine dernière, notamment par Le Monde, Rue 89 et Francetvinfo. Tout est parti d'un classement de Plume Labs, un start-up spécialisée dans la mesure de la pollution. Classement repris par Le Parisien mercredi dernier, et non pas jeudi, et qui assure donc que Paris était en tête des villes les plus polluées aux particules fines, devant Shanghai, Londres et New Delhi. 

Les limites de la comparaison en temps réel

Premier problème : ce classement ne prend pas en compte toutes les villes du monde... mais une soixantaine. Or, il manque notamment certaines villes d'Asie, notamment d'Afghanistan et du Pakistan, où la qualité de l'air est bien plus préoccupante qu'ailleurs.

Ensuite, la start-up se base sur les données récoltées dans chaque pays pour réaliser un indice de pollution. Le souci, c'est que si les mesures sont harmonisées au niveau européen, via le site ObsAIRve, les méthodes de calculs ne sont pas les mêmes à travers le monde. "Le calcul des indices de qualité de l'air aux Etats-Unis, en Chine et en Europe dépendent des réglementations locales. Or un rouge en Europe ne correspond pas à une zone rouge ailleurs ", explique Amélie Fritz, ingénieur chez AirParif.

Peshawar en tête du classement annuel

Enfin, la comparaison en temps réel des qualités de l'air entre différentes villes à travers le monde à prendre avec beaucoup de pincettes. "A un instant T, vous pouvez être dans un pic de traffic dans une ville alors qu'à l'autre bout de la planète, c'est le milieu de la nuit. Mais cela ne veut pas dire que la ville qui dort est fondamentalement moins polluée ", ajoute Amélie Fritz.

Le moyen le plus sûr de comparer la qualité de l'air entre différentes villes à travers le monde reste donc les mesures annuelles. Un classement publié par l'Organisation mondiale de la santé l'an dernier montre que c'est à Peshawar, capitale du Pakistan, que la qualité de l'air est la plus mauvaise, avec un taux moyen annuel de particules fines PM10 cinq fois plus élevé que le pic parisien de mercredi dernier. Et si l'on regarde la France, Marseille devance largement Paris en terme d'émission de particules sur une année.

Sources

L'observatoire européen de la qualité de l'air

Who's Ambient Air Pollution database, Organisation mondiale de la santé, édition 2014

Historique des alertes aux particules fines de AirParif

Le site de la start-up PlumeLabs

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