Le vrai du faux, France info

Marisol Touraine dit-elle vrai sur le déficit de la Sécu ?

La ministre de la Santé affirme que le déficit de la Sécurité sociale a baissé de "plus de quatre milliards" en 2012. Vrai ou faux ? Réponse ici.

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Vrai !

Le déficit de la Sécurité sociale s'est bel et bien contracté de 4,1 milliards d'euros l'an dernier. Il est passé de 17,4 milliards en 2011 à 13,3 milliards en 2012 en pleine période de crise, ce qui est très rare sur les 30 dernières années. Les branches maladie et retraites sont notamment restées déficitaires mais moins que l'année précédente.
Etant donné que les cotisations sont moins fortes du fait de la hausse du chômage, c'est la baisse des dépenses qui explique la diminution du déficit. Il y a plusieurs explications à cela.

Réformes successives   

Bruno Pallier, chercheur à Sciences Po et spécialiste de la sécurité sociale, explique que cette contraction des dépenses est le résultat d'une accumulation de réformes qui remontent pour certaines aux années 90.

A commencer par les réformes des retraites et notamment le report de l'âge du départ en retraite. Il faut cotiser plus longtemps pour toucher une pension à taux plein.
 
Après, il a eu l'instauration du parcours de soins, le changement du comportement et du mode de rémunération des médecins. Bruno Palier rappelle que "depuis trois ou quatre ans, un nouveau mode de rémunération de médecins qui s'appelle +rémunération à la performance+ a été mis en place. Ces performances consistent à mieux suivre les patients, faire plus de prévention [...] ce qui fait que les médecins sont mieux payés s'ils contribuent à suivre en continu, notamment, leurs malades chroniques".

Sans oublier le ralentissement des embauches dans le secteur de la santé, dans les hôpitaux qui a lui aussi eu un impact sur les comptes de la Sécu.  

La crise

Au delà de l'action des gouvernements successifs et de leurs réformes, la crise économique fait baisser les dépenses de santé dans tous les pays. Bruno Palier précise que "les individus eux-mêmes vont un peu moins souvent chez le médecin et demandent moins de remboursements parce que ça pèse sur leur revenus et donc l'augmentation des déremboursements à un impact évident sur les comportements de consommation de santé". 

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