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François Hollande dit-il vrai sur le pacte de compétitivité ?

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Le chef de l'Etat affirme que le pacte de compétitivité signifie pour "toutes les entreprises en 2013 une diminution de l'ensemble de leur masse salariale de 4%". Vrai ou faux ? Réponse ici.
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Radio France
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Faux

L'économiste Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS, explique que "ça ne peut pas concerner toutes les entreprises, car les entreprises ont des distributions de salaires très variables. Or l'abattement va être calculé sur la partie des salaires qui est entre 1 et 2,5 fois le Smic" . Elie Cohen ajoute qu'"il suffit que vous ayez une entreprise qui emploie beaucoup de gens très qualifiés, qui ont des salaires supérieurs à 2,5 Smic [...] pour que non seulement la mesure n'ait pas cette importance, c'est-à-dire 4%, mais même soit très faible dans le cas des entreprises qui ont des personnels très qualifiés"

Entreprises à salaires modérés

Elie Cohen précise que si "l'on raisonne sur une entreprise moyenne, l'impact global du pacte de compétitivité serait plutôt de 2,5% de baisse de masse salariale" . En fait, selon lui, une baisse de 4%, cela concerne les entreprises qui ont une forte concentration de salaires entre 1 fois et 2,5 fois le Smic, les entreprises à vocation industrielle avec des salaires bas et moyens.

Croissance  

Parmi les autres sujets évoqués par le chef de l'Etat hier, il y a la croissance qui fait cruellement défaut à la France. François Hollande affirme qu'il ne l'a pas surestimée.
Le chef de l'Etat affirme même que quand il est arrivé au pouvoir, "les prévisions de la Commission européenne et de tous les instituts pour 2013 étaient de 1,2%. Moi même, j'ai considéré que cette prévision n'était pas réaliste".

Sauf que...

La prévision de François Hollande était carrément de 1,7% il y a un an pendant la campagne et jusqu'à son élection. Quand François Hollande fait mine de trouver la prévision de la Commission trop optimiste, c'est en fait lui même qu'il doit aussi juger trop optimiste. Depuis son arrivée à l'Elysée, le président de la République a une première fois révisé la croissance 2013 à 1,2%, puis 0,8%, avant de reconnaitre que ce dernier chiffre ne pourrait pas être atteint.

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