Est-il vrai que 13 départements ne comptent plus aucun gynécologue, comme l’affirme Marine Le Pen ?

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La candidate du Rassemblement national à la présidence de la République dénonce le recul de l’accès des femmes à la santé.  

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Radio France
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Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à la présidentielle 2022, lors du congrès du parti à Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 4 juillet 2021. (VALENTINE CHAPUIS / AFP)

Alors que les déserts médicaux se multiplient dans les zones rurales, Marine Le Pen met en avant le sort des femmes. Interrogée sur France 2 mardi 19 octobre la candidate à l’Élysée affirme que "dans 13 départements en France, il n'y a plus de gynécologue". C’est faux même s’il existe un vrai problème sur ce sujet. La Cellule le Vrai du faux vous explique pourquoi.

Deux catégories principales de gynécologues

Il existe deux grandes familles de gynécologues : les gynécologues médicaux, qui suivent les femmes tout au long de leur vie, et les gynécologues obstétriciens, qui s’occupent de la grossesse et l'accouchement mais aussi des autres moments de la vie des femmes. Pour les gynécologues médicaux, 13 départements n'en comptent effectivement aucun, d’après le conseil de l'Ordre des médecins (Hautes-Alpes, Cher, Corrèze, Creuse, Loir-et-Cher, Haute-Marne, Meuse, Nièvre, Haut-Rhin, Deux-Sèvres, Yonne, Territoire de Belfort et Mayotte). 

Mais cela ne veut pas dire que ces départements ne comptent plus du tout de gynécologues, comme le dit Marine Le Pen dans un raccourci.

Car il y a les gynécologues obstétriciens qui, au-delà de leur travail sur la grossesse et l’accouchement, s’occupent du suivi des femmes en dehors des étapes de l’enfantement. Cette catégorie de gynécologues est même la plus nombreuse et est implantée dans tous les départements. Par exemple, dans le Haut-Rhin, s’il n’y a aucun gynécologue médical, il existe 61 obstétriciens, sans compter les gynécologues en hôpital et en clinique.  

Les gynécologues médicaux en perte de vitesse

Reste que les gynécologues médicaux sont peu nombreux en France. On n’en compte que 2,6 pour 100 000 femmes. Leur nombre va encore baisser en raison des départs à la retraite car leur âge moyen est de 65 ans. Cette pénurie s’explique par le fait que la France a arrêté de former cette catégorie de gynécologues entre 1984 et 2003 car elle n'était pas reconnue au niveau européen. Seuls les gynécologues obstétriciens ont continué à être formés. La spécialité a finalement été rétablie en 2003, mais ce vide total de formation a des conséquences durables.

Quant aux gynécologues obstétriciens, ils sont aujourd’hui largement majoritaires ; leur nombre augmente depuis 2012 et ils sont plus jeunes. Cependant, les départements ruraux en manquent ; et il y a aussi des pénuries dans les hôpitaux. En dehors des gynécologues, rappelons que les médecins généralistes et les sages-femmes contribuent au suivi des femmes tout au long de leur vie.

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