Le vrai du faux, France info

VRAI OU FAKE Est-il vrai que 1% des Chiliens possèdent un tiers du PIB de leur pays ?

Le député La France insoumise Alexis Corbière dénonce les très fortes inégalités au Chili

Une queue à l\'entrée d\'un supermarché de Santiago (Chili), le 22 octobre 2019.
Une queue à l'entrée d'un supermarché de Santiago (Chili), le 22 octobre 2019. (PABLO VERA / AFP)

Alors qu’une grève générale risque de paralyser le Chili et que les manifestations ont déjà fait 15 morts, Alexis Corbière critique le système économique chilien. Invité de franceinfo mardi 22 octobre, le député La France insoumise a pointé les inégalités qui touchent ce pays d'Amérique latine "souvent présenté comme une réussite économique. Là-bas, 1% des plus riches captent 33% des revenus annuels".  Ce chiffre est faux. La cellule le Vrai du Faux vous explique pourquoi.     

Au Chili, les 1% les plus riches ne gagnent pas un tiers du PIB. En fait, ils captent un peu plus d'un quart de la richesse nationale annuelle. 26,5% précisément, selon la Commission économique de l'Amérique latine et des Caraïbes (CEPAL). Alexis Corbière augmente un peu trop les pourcentages pour étayer sa démonstration. Reste que la classe supérieure chilienne, très riche, est constituée d’une vingtaine de familles seulement.     

Une "réussite" très inégalitaire   

Le Chili apparait comme une économie solide si l’on se limite aux indicateurs habituels. La croissance de 2,5% du PIB attendue pour 2019 est l’une des plus fortes de l'Amérique latine et le PIB par habitant le plus élevé de la région. Mais le Chili est parallèlement le pays le plus inégalitaire de l'OCDE, résultat d'une politique ultralibérale qui remonte à Augusto Pinochet, où presque tous les secteurs sont  privés et tout est aussi plus cher pour une grande partie de la population.       

Deux exemples montrent bien l’ampleur du phénomène, l’éducation et les retraites. Pour les jeunes chiliens, les études supérieures, dans le privé ou dans le public, sont parmi les plus coûteuses au monde, comparables aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne ou au Japon. Les Chiliens mettent des années à rembourser leurs prêts étudiants.

Une fois dans la vie active, ils sont confrontés à un système de retraites par capitalisation qui les oblige à mettre beaucoup d'argent de côté sur des fonds de pensions. Cela représente environ 10% de leur salaire. Ensuite, ces organismes privés reversent des retraites plutôt maigres, inférieures au salaire minimum qui se monte à l’équivalent de 370 euros. En revanche, les fonds de pensions réalisent des bénéfices plutôt gras qui scandalisent la population. Résultat, les Chiliens les plus modestes sont sous l'eau. Un tiers d’entre eux sont incapables de faire face à leur endettement.  

Une queue à l\'entrée d\'un supermarché de Santiago (Chili), le 22 octobre 2019.
Une queue à l'entrée d'un supermarché de Santiago (Chili), le 22 octobre 2019. (PABLO VERA / AFP)