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En Grande-Bretagne, les "contrats zéro heure" hors des listes de chômeurs ?

Selon le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, le nombre de chômeurs en Grande-Bretagne n'inclut pas les "contrats zéro heure", synonymes de précarité extrême. Une affirmation exacte, même si la situation sur le front de l'emploi reste quand même plus positive chez nos voisins d'outre-Manche depuis plusieurs mois.

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(Stéphane Le Foll dit-il vrai sur les chômeurs britanniques ? © MAXPPP)

Stéphane Le Foll l'affirme haut et fort : "Est-ce que vous savez qu'en Grande-Bretagne, le contrat zéro heure fait que vous n'êtes plus chômeur ? Vous faites 15 minutes de travail dans la journée et on vous raye des listes ! " Une affirmation exacte pour le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement. Cela permet de relativiser, un peu, la bonne santé de la Grande-Bretagne en matière d'emploi.

Le contrat "zéro heure" ("zero hour contract" en version originale) est avant tout le symbole de la politique d'ultra-flexibilité en matière d'emploi, en vigueur de l'autre côté de la Manche. Institués par le Premier ministre John Major il y a 18 ans, ces contrats obligent ceux qui les signent à être disponibles tout le temps pour leur entreprise, sans aucune assurance de travailler, sans durée légale, et donc sans salaire fixe. Des conditions de précarité qui sont de plus en plus dénoncées par les syndicats, sur fond d'augmentation du nombre de précaires et de travailleurs pauvres. L'Office national de la statistique, l'équivalent de l'Insee outre-Manche, estime qu'environ 1,4 million de personnes sont employées grâce à ce type de contrat. Et de grandes entreprises comme Mc Donald's, Ryan Air et même Buckingham Palace y ont recours.

Tendance positive quand même

Sans aucun revenu fixe, avec l'obligation de répondre présent à chaque appel, le salarié choisit bien souvent de signer plusieurs "contrats zéro heure" avec plusieurs entreprises. Ce qui n'empêche pas les statistiques officielles sur le chômage de ne pas tenir compte de ce nombre croissant d'employés précaires. Et cela change pas mal de choses : en ajoutant ces "contrats zéro heure" aux 6 % de chômeurs recensés outre-Manche, on fait grimper le taux à 10 %. Ce qui équivaut à "notre" taux de demandeurs d'emploi inscrits en catégorie A, c'est-à-dire ceux qui ne travaillent pas du tout. On peut d'ailleurs noter que la problématique est identique en Allemagne, où le système des "mini-jobs" n'apparaît pas non plus dans les statistiques officielles. Les systèmes anglais et allemand sont donc plus pragmatiques que le français.

Malgré tout, la situation au niveau de l'emploi reste plus enviable, et surtout plus positive, en Grande-Bretagne. Depuis plusieurs mois, le chômage ne cesse de baisser outre-Manche, tandis que l'année dernière, le nombre de chômeurs a bondi de 5 %, passant en décembre dernier à quasiment 3,5 millions de personnes.

Sources

Les statistiques mensuelles du chômage , sur le site du ministère du Travail

Bulletin statistique de l'ONS , sur le site de l'Office for national Statistics

Les "contrats zéro heure" , sur le site de l'Office for national Statistics

Emploi et chômage dans l'Union européenne , sur le site d'Eurostat

(Stéphane Le Foll dit-il vrai sur les chômeurs britanniques ? © MAXPPP)