Cet article date de plus de neuf ans.

Bernard Debré dit-il vrai sur les hôpitaux en France ?

écouter (3min)
Le député UMP, médecin à l'hôpital Cochin à Paris, affirme qu'il y a "trop d'hôpitaux en France" et qu'ils sont "mal répartis"". Vrai ou faux ? Réponse ici.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
  (©)

Vrai sur la répartition  

Vrai en ce qui concerne la mauvaise répartition des hôpitaux en France. Emmanuel Vigneron, professeur d'aménagement sanitaire à l'Université de Montpellier le confirme sans hésiter. Pour lui, si le réseau des CHU, lancé par décret en 1958, est satisfaisant, en revanche, pour les autres établissements, c'est différent.

Héritage du passé

"Leur répartition résulte de très anciennes dispositions héritées de la révolution française et du 19eme siècle à une époque où la population était très également répartie en France. La population française n'est plus du tout répartie aujourd'hui comme elle l'était hier et ses besoins sont très différents ici et là" , affirme Emmanuel Vigneron, avant de pointer qu'il "se passe quelque chose d'inquiétant dans notre pays, c'est que ceux qui sont loin, aux marges des territoires, dans les parties reculées, sont aussi souvent ceux qui ont le moins de moyens, les plus pauvres" . Pour l'universitaire, il faut donc une réforme de la carte hospitalière, mais dans le même temps ne pas abandonner les territoires lointains.

Trop d'hôpitaux ?

La réponse est bien plus délicate car tout dépend ce qu'on appelle "hôpital". Il y a des hôpitaux sans chirurgie, sans maternité, sans urgences. Et à l'autre extrémité, les grands CHU. Au total la France compte 941 hôpitaux publics d'après les chiffres du ministère de la Santé au 31 décembre 2011.

Fusions

Ce qu'on sait, c'est qu'il y a eu des fusions d'établissements entre 1995 et 2010. 90 fusions au total d'après un rapport de l'IGAS, l'Inspection générale des affaires sociales.
Dans ce rapport sorti cet été, l'IGAS était d'ailleurs assez critique. Elle estimait que les fusions doivent rester rares car elles ne sont pas automatiquement synonymes d'économies. Pour l'IGAS, quand les établissements atteignent des échelles de 600 à 900 lits, il y a souvent plus d'inconvénients que d'avantages.

Plus de 6 lits pour 1.000 habitants

Afin d'avoir une idée de la densité hospitalière de la France, on peut la comparer à celle d'autres pays de l'OCDE en nombre de lits d'hôpitaux pour 1.000 habitants.
En 2010, la France se situait dans le haut du palmarès avec une moyenne de 6,4 lits. Reste qu'un bon nombre de pays étaient devant nous. Le Japon avec 13,6 lits, suivi de Corée du sud. En 3eme position, il y avait l'Allemagne, 8,3 lits.   
Derrière arrivaient l'Autriche, la Hongrie, la République tchèque, la Pologne, et enfin, la France à égalité avec la Belgique et la Slovaquie.
Dans le bas du classement, la Grande-Bretagne ne possédait que 3 lits pour 1.000 habitants, soit deux fois moins que la France.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.