Le vrai du faux, France info

Aurélie Filippetti dit-elle vrai sur le poids économique de la culture ?

La ministre de la Culture affirme que la "richesse créée par les secteurs culturels, c'est 58 milliards d'euros, soit 3,2% du PIB français. C'est autant que les industries agroalimentaires et de l'agriculture. C'est sept fois plus que l'automobile". Vrai ou faux ? Réponse ici.

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Vrai

C'est la conclusion d'une enquête conjointe de l'Inspection générale des finances et de l'inspection générale des affaires Culturelles révélée au début du mois. Le secteur culturel au sens large a généré près de 57,8 milliards d'euros de valeur ajouté en 2011. Et quand on compare ce chiffre au PIB total de la France cette année là, c'est 3%, mais pas 3,2%. Une autre étude du cabinet Ernst & Young publiée en novembre dernier parvenait pratiquement au même chiffre (61 milliards d'euros).   

Culture au sens large

La culture recouvre un vaste ensemble d'activités : spectacle vivant, patrimoine, arts visuels, presse, livre, audiovisuel, publicité, architecture, cinéma, industries du son et de l'image, mais aussi les bibliothèques, les archives. Cela représente 670.000 personnes, soit 2,5% de l'emploi total en France.

Plus puissant que l'automobile

D'après l'Insee, le secteur automobile, qui reste emblématique de la société de consommation, ne représente que 8,6 milliards d'euros. La culture, c'est donc sept fois plus. Elle fait jeu égal avec l'agro-alimentaire et l'agriculture réunies, deux secteurs là-aussi considérés comme très puissants en France.

Importance du spectacle vivant

C'est le spectacle vivant qui pèse le plus lourd en valeur ajoutée et en effectifs. 8,8 milliards d'euros et 150.000 emplois dans le spectacle vivant. Ensuite, le patrimoine rapporte beaucoup (8,1 milliards), puis il y a les arts visuels, les livres et  l'audiovisuel.

Poids décroissant

Si le poids du secteur n'a cessé d'augmenter entre 1995 et 2005 jusqu'à représenter 3,5% du PIB, il décroit depuis cette date. Il y a plusieurs explications : la crise économique, l'effondrement du marché de la musique, les changements d'habitudes de lectures. Et puis le fait qu'une part des richesses est captée par les plateformes numériques, comme Apple ou Google.

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