Enseigner la laïcité après Samuel Paty, et Big Brother s'installe dans le métro de Moscou

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Aujourd'hui Le Quart d'Heure vous emmène à Moscou. Désormais pour prendre le métro, plus besoin de ticket : le paiement se fait par reconnaissance faciale, une innovation censée faciliter le quotidien des voyageurs mais qui pose beaucoup de questions, entre consentement des citoyens et sécurisation des données. Et puis comment enseigner la laïcité quand elle a coûté la vie à un collègue ? On donne la parole à des professeurs, un an après la mort de Samuel Paty. 

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Radio France
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Une caméra de reconnaissance faciale sur un portique d'entrée de la station Sretinsky Bulvard, dans le métro de Moscou (Russie), le 14 octobre 2021. (SYLVAIN TRONCHET / RADIO FRANCE)

C'est une page qui se tourne dans l'histoire du métro parisien : le bon vieux ticket en carton va bientôt disparaître, remplacé par le pass rechargeable. Depuis hier, la vente des carnets de tickets de métro n'est plus possible dans une centaine de gares et stations du réseau des transports publics d'Ile-de-France, avant un arrêt total en mars 2022. 

Un pas vers la modernité qui paraît bien modeste aux yeux de l'innovation mise en place aujourd'hui en Russie : le métro de Moscou met en place un système de paiement par reconnaissance faciale. Il suffit de regarder le tourniquet, et le système associe votre visage à votre compte.

Plus pratique, plus moderne... la mairie de Moscou salue une avancée pour les voyageurs, mais est-ce le seul but ? "La reconnaissance faciale est une technologie duale, avec à la fois des usages commerciaux et policiers" explique Asma Mhalla, experte en politique du numérique invitée du Quart d'Heure. "Au départ, c'est fait pour faciliter la vie quotidienne, les citoyens s'habituent à ces technologies et on oublie l'aspect politique qui peut être problématique dans un pays autoritaire."  

Un an après la mort de Samuel Paty, comment enseigner la laïcité ?

Minute de silence, lectures de poème, moments d'échange... Un peu partout en France, les professeurs et les élèves ont rendu hommage aujourd'hui à Samuel Paty. Cet enseignant des Yvelines a été tué le 16 octobre 2020 près de son collège par un jeune réfugié radicalisé, parce qu'il avait montré des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la laïcité.

Depuis, "certains professeurs sont plus prudents" quand ils abordent ces questions en classe, explique Noémie Bonnin, spécialiste éducation à la rédaction de franceinfo, "d'autres le font avec une conviction encore plus affirmée qu'avant." Ils sont en tout cas mieux accompagnés par l'Education Nationale : '"l'objectif affiché par Jean-Michel Blanquer est de former 100% des adultes travaillant dans les établissements scolaires d'ici 4 ans."

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