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Une rentrée de transition - aussi - pour les enseignants stagiaires

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C'est la rentrée scolaire pour plus de 12 millions d'élèves, 12.125.000 élèves précisément, plus de 6 millions dans les écoles primaires et un peu moins dans les collèges lycées. C'est la première rentrée de la gauche au pouvoir, "la première rentrée du changement" selon le ministre Vincent Peillon, mais pour les syndicats, c'est surtout la dernière rentrée de Luc Chatel. Et pour les jeunes stagiaires, qui débutent, les conséquences de la suppression de la formation des enseignants sont toujours très sensibles.
Article rédigé par
Radio France
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L'an dernier, les
jeunes stagiaires qui venaient d'avoir le concours étaient jetés dans le grand
bain dès le premier jour. Cela avait été très critiqué, notamment par la gauche.
Cette année, les enseignants débutants sont en principe un peu mieux lotis puisqu'ils
sont déchargés de trois heures de cours chaque semaine pour se former. Ils enseigneront
donc 15 heures au lieu de 18 dans les collèges et les lycées et ils devraient
être absents une journée par semaine dans les écoles primaires.

Mais en réalité, ce
n'est pas le cas partout. Thierry vient d'être nommé dans une école de
Saint-Denis en région parisienne, mais il aura sa classe tous les jours et il
ne sera pas en doublon comme dans d'autres départements. Il est donc "jeté
dans la cage aux lions"
comme il dit dès aujourd'hui.

Pour Vincent
Peillon, ces jeunes sont "la dernière génération d'enseignants
sacrifiée"
par la réforme de la formation de l'ancien gouvernement. Le
ministre de l'Education est bien conscient que trois heures de décharge pour se
former et préparer ses premiers cours, ce n'est pas assez. Il accuse le
gouvernement précédent, qui a supprimé la formation en alternance.

Lise arrive
justement dans cette académie pour enseigner les mathématiques en collège, elle
est très critique sur la formation qu'elle a reçue en master à l'université. "Je n'ai même pas appris à préparer un cours, c'est un désastre" ,
confie-t-elle.

Une année de
transition

Pour les syndicats,
c'est "la dernière rentrée de Luc Chatel" . La formation proposée
reste "embryonnaire" , explique Christian Chevallier du syndicat des
enseignants de l'Unsa. Le projet du gouvernement actuel est de créer des écoles
supérieures du professorat, des écoles différentes des anciens IUFM et qui
seraient intégrées aux universités. Il s'agit de recréer une formation initiale
en alternance et d'offrir ensuite aux jeunes lauréats du concours une année de
stage rémunérée comme c'était le cas avant 2010.

Mais tout cela va
prendre du temps et les syndicats s'impatientent. Pour l'année prochaine, Frédérique
Rolet, co-secrétaire générale du Snes, exige une réelle année de stage avec
beaucoup moins d'heures de cours qu'aujourd'hui. 

Si cette année est plus douce
pour les enseignants, car "le ton a changé" , disent-ils, ils
attendent le ministre au tournant. Cette question de la formation est d'autant
plus importante qu'il va falloir convaincre les étudiants de se lancer dans ce
métier. Sans cela, les syndicats estiment qu'il sera difficile de rétablir les
60.000 postes promis par François Hollande. Le gouvernement est prévenu.

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