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Trente-cinq ans plus tard : l'interminable affaire Agnès Le Roux

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La commission de réexamen de la Cour de Cassation se penche ce jeudi sur une affaire vieille de 35 ans : l'affaire Agnès Le Roux. La Niçoise a disparu en 1977. Son ancien amant Maurice Agnelet a été condamné en appel 2007 (après avoir été acquitté en 1ère instance) et a toujours clamé son innocence. Il pourrait aujourd'hui bénéficier d'un troisième procès.
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Radio France
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C'est l'un des mystères les plus anciens de l'histoire
judiciaire française : l'affaire Agnès Le Roux. Elle revient à la une
aujourd'hui, plus de 35 ans après la disparition de l'héritière du casino
niçois "Le Palais de la Méditerranée". La commission de réexamen de
la Cour de Cassation se penche ce jeudi matin sur le cas de celui qui avait été
condamné en 2007 pour son assassinat et qui a toujours nié toute implication:
son ancien avant Maurice Agnelet.

Maurice Agnelet pourrait bénéficier d'un 3ème procès
après avoir été acquitté en première instance puis condamné en appel. Si la
commission de réexamen décide du sort judiciaire de Maurice Agnelet, c'est que la
France a été condamnée dans ce dossier il y a quelques semaines par la Cour
Européenne des Droits de l'Homme. Motif : Agnelet n'aurait pas bénéficié d'un
procès équitable. Et on ne lui aurait pas permis de "comprendre les motifs
de sa condamnation
".

L'amant qui joue à cache-cache avec la justice

Il s'agit d'un dossier très particulier, une affaire
criminelle sans corps (on n'a jamais retrouvé aucune trace d'Agnès Le Roux),
sans aveux, sans preuves formelles incontestables contre l'accusé. Dans ces
conditions, pour son avocat, François Saint-Pierre, Maurice Agnelet n'aurait
jamais du être condamné: "Je n'ai jamais compris pourquoi Maurice Agnelet
avait été condamné, dans la mesure ou il était impossible de dire ou, quand et
comment le meurtre d'Agnès le Roux avait été commis
".

Maurice Agnelet avait rapidement été suspecté à
l'époque des faits. Il était l'amant d'Agnès, un amant manifestement pas très
amoureux et surtout intéressé par l'argent de la disparue, qui avait vendu ses
parts du "Palais de la Méditerranée" à la concurrence de l'époque
dans cet univers très particulier des casinos de la Côte d'Azur. Un amant au
comportement très trouble mais qui clamait dès 1978 sa complète innocence

A partir de 1978, Maurice Agnelet allait se livrer à
une invraisemblable partie de cache-cache avec la justice française. Il avait
bénéficié d'un non-lieu en 1985, tenté de refaire sa vie au Canada, avant
d'être finalement renvoyé devant les assises près de 30 ans après les faits. Il
y a quelques années, un ancien truand avait tenté, sans succès, de faire porter
le chapeau à la pègre marseillaise. Agnelet avait perdu espoir jusqu'au récent
avis de la Cour Européenne des Droits de l'Homme.

Très vite fixé sur son sort

Pendant tout ce temps, la famille d'Agnès le Roux n'a
jamais douté de la culpabilité de l'ancien amant. Pour son frère, Jean-Charles,
il n'y avait qu'un seul coupable possible: Maurice Agnelet: "Ma conviction
s'est forgée peu à peu. Toutes les charges et les deux procès que nous avons
connu n'ont fait que renforcer cette conviction, ne serait-ce qu'en entendant
les multiples mensonges et revirements d'Agnelet. Il y avait aussi son
comportement après la disparition. Il avait fait vider tous les comptes
bancaires d'Agnès
".

C'est Me Témime qui défend la famille Le Roux. Hervé
Témime, qui insiste sur la douleur, jamais soulagée de la mère d'Agnès, Renée
le Roux: "Cette affaire est un calvaire pour elle depuis plus de 35 ans.
Malgré la condamnation d'Agnelet, on n'a jamais retrouvé le corps d'Agnès.
C'était son obsession. Et c'était le combat de sa vie
".

Maurice Agnelet pourrait être
fixé sur son sort très rapidement. On pourrait savoir dès ce jeudi après-midi
si un nouveau procès aura lieu. Il espère également une remise en liberté
immédiate.

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