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Soldats blessés : guérir par le sport

Ils sont 450 à ce jour, amputés ou blessés dans leur corps... et souvent dans leur tête. Pour accompagner ces soldats, de retour du Liban, du Mali ou d'Afghanistan, l'armée organise depuis quelques années des stages sportifs. Où l'on fait bien plus que du sport.

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La semaine dernière, une dizaine d'entre eux ont affronté les vagues du pays basque. Au programme : séances de pirogue hawaïenne, surf et sauvetage en mer.

Au fil du stage, les militaires apprennent à surmonter leurs peurs, à prendre du plaisir, à se dépasser.

Du fauteuil roulant à la planche de surf

Pour aller à l'eau, Raphaël doit être porté par ses camarades. Sa jambe gauche a été amputée après ce qu'il appelle pudiquement "l'accident ", lorsque son blindé a sauté sur une bombe artisanale. C'était en avril 2011, en Afghanistan.

A genoux sur une planche de surf, Raphaël "rekiffe les choses de la vie ". "J'ai passé presque un an dans un fauteuil roulant, j'ai du réapprendre à marcher. Vous imaginez bien que l'océan, dans ma tête, c'était loin, pour moi !"

Dans trois semaines, Raphaël devrait réintégrer son unité, le 2è Régiment d'infanterie de marine, au Mans. Comme 75 % des blessés, il restera dans l'armée, même sans combattre. Pas toujours facile à accepter quand on est militaire "par vocation ".

"Depuis l'accident, je ne fais que survivre "


D'autres ont plus de mal à accepter leur statut de blessé. Fabrice, 35 ans, le vétéran du groupe, a été atteint par une roquette à Kaboul. C'était le 28 avril 2009, "le jour de ma mort ", dit-il. "Depuis, je ne fais que survivre ".

Ses bras musclés et tatoués donnent le change, ça ne se voit absolument pas et pourtant Fabrice est devenu invalide à 80 %. Impossible de repartir sur le terrain. Il se sent isolé, écarté de la grande famille militaire.

Un psychologue reçoit les soldats après les séances de surf. Des juristes aussi sont là pour les aider dans leur démarches administratives. Se retrouver entre blessés qui ont vécu les mêmes situations aussi, cela fait du bien...

Une prise de conscience récente

Ce n'est que depuis 2010 que l'armée a commencé à mettre en place ces stages, quand les blessés ont été rapatriés par dizaines depuis l'Afghanistan. Une cellule d'aide aux blessé de l'armée de Terre (Cabat) existe également depuis 1993.

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