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Les Herbiers, modèle d'emploi

Coup de projecteur ce lundi sur la commune des Herbiers en Vendée, où le taux de chômage est particulièrement bas (5,9 %) alors que la moyenne nationale est à 10,5 %. Pourquoi cette ville de 15.000 habitants attire-t-elle des entreprises ? Est-ce un modèle ou une exception ? L'enquête d'Isabelle Raymond.

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Un chiffre bien en dessous de
la moyenne, et un canton prospère. France Info s'est rendu ce lundi aux
Herbiers, en Vendée. Le taux de chômage est à 5,9 % contre 10,5 % au niveau
national. Direction tout d'abord l'agence Pôle emploi. Certes, il faut une
voiture pour s'y rendre car elle est à la sortie de la ville et aucun bus ne s'y
arrête. Mais il s'agit d'un bâtiment flambant neuf.

A l'intérieur, des
ordinateurs libres pour consulter les offres d'emplois et 20 minutes maximum
d'attente pour être reçu par un conseiller. Jean-Claude a 26 ans, les cheveux
longs et une solide expérience d'intérim. Le chômage ? Connaît pas !"Ma
période de chômage la plus longue ? Les deux semaines de vacances de Noël. Sinon,
je n'en connais pas depuis que je suis en Vendée. Ici il y a du travail. Et
dans tous les domaines, c'est ça qui est bien
".

Ce qui explique surtout ce
faible taux de chômage, c'est le dynamisme local. Il n'y a qu'à voir toutes ces
usines, tous ces entrepôts les uns à côté des autres, au milieu du bocage
vendéen, côtoyant parfois des vaches et des chevaux. La ville des Herbiers ne compte pas moins de 25 zones industrielles pour 15.000 habitants.

Sagas familiales

Il y a quelques très belles
réussites locales : les bateaux de plaisance Jeanneau, Fleury-Michon dans
l'agro-alimentaire, la brioche vendéenne la Boulangère ou bien encore les
hypermarchés Système U. Presque toujours il s'agit de
sagas familiales.

Exemple avec le groupe
Liébot. 400 millions de chiffre d'affaires l'an dernier, plus d'un millier de
salariés aux Herbiers. A l'entrée du siège social, il y a une enclume. C'est
avec elle que tout a commencé raconte Jean-Pierre Liébot, représentant de la 9e
génération : "Notre histoire familiale commence avec une forge en 1745.
Cette forge a été transmise de père en fils jusqu'au début des années 1960, et
là, mon grand-père, qui s'appelait Briand, savait que la forge n'avait plus
d'avenir alors il a décidé de se diversifier, dans la charpente métallique et
dans la fenêtre en acier. Ce sont désormais deux activités séparées et deux
entreprises familiales
".

Le directeur général du
groupe Liébot, Bruno Léger a connu d'autres entreprises. Il confirme que des
capitaux familiaux modifient la perception des choses : "Le facteur
temps est différent. Les acteurs familiaux sont ancrés dans la région, ancrés
dans les métiers. Ils investissent sur le long terme parce qu'ils savent qu'ils
sont là pour longtemps. Ils savent où ils vont et les salariés aussi
".

Mais le gros des entreprises
ici, ce sont les PME. 60 % des entreprises emploient moins de 20 salariés. C'est
le cas d'Atelier Metal Concept. Au départ, il n'y avait que trois cogérants,
trois anciens collègues. Trois ans plus tard, il a cinq salariés et de
l'ambition pour la suite explique l'un d'entre eux, Philippe Barré : "On
a du travail, de la vision pour l'avenir alors on est ambitieux. On est en
train de se faire construire un bâtiment avec un pont roulant puisque nous n'en
avons pas et on pense que ça va nous apporter d'avantage de rentabilité
".

Coller aux besoins

Il y a beaucoup de métiers spécialisés,
techniques, recherchés dans cette zone tournée vers l'industrie. L'avantage,
c'est que le bassin d'emploi est petit, les besoins de chacun assez connus.
Résultat, des formations adaptées aux métiers qui recrutent sont proposées aux
demandeurs d'emploi. Marine, jeune maman de 23 ans et ancienne caissière, a
ainsi entamé une formation plutôt masculine à la base par le biais de Pôle
emploi : "Je fais du pliage. On apprend à se servir d'une plieuse pour
plier des grandes tôles de métal qui serviront dans l'automobile par exemple.
Il y n'a pas de formation initiale et c'est un savoir-faire recherché par les
employeurs de la région
".

Mais même ici, les offres
d'emploi, si elles existent toujours ont fondu de moitié en deux ans. Et les
demandeurs d'emploi sont du coup moins exigeants. Il y a trois ans, McDonalds a
du faire appel de la main d'œuvre étrangère, polonaise en l'occurrence pour
occuper des postes en CDI en horaires découpés et décalés qui ne trouvaient pas
preneurs. Aujourd'hui McDonalds reçoit des candidatures spontanées. Car même si
le taux de chômage n'est, vu du reste de la France, QUE de 5,9% au Herbiers
aujourd'hui, il y a tout de même progressé ici de plus de 2 points en 6 ans.

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