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La radiotélévision publique ERT, symbole de la gabegie grecque ?

En Grèce, la manifestation de soutien aux journalistes de la radiotélévision d'état ERT n'a pas attiré autant de monde qu'espéré jeudi : environ 15.000 personnes selon la police, soit trois fois moins qu'en février dernier pour la première grève générale de l'année. Mais même si ils se sont peu mobilisés jeudi, les Grecs ont tout de même été très choqués par la méthode du gouvernement.

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Une méthode maladroite pour certains, brutale pour les plus critiques, voire barbare estime Chrissa. La vision de cet écran noir, lorsque l'état a décidé de couper la diffusion de la radiotélévision publique mardi dernier, rappelle à cette retraitée de 66 ans de mauvais souvenirs : "quand j'ai vu l'image séteindre, j'ai ressenti un choc, j'en ai encore la chaire de poule, j'ai le sentiment de vivre à nouveau la diictature de la junte militaire ", explique-t-elle. Le gouvernement d'Antonis Samaras, lui, justifie sa méthode, en précisant avoir tenté de négocier avec les syndicats durant deux ans, sans succès.

Pour beaucoup de Grecs, l'ERT représente le patrimoine grec. Les chaînes publiques étaient les seules à diffuser de la musique folklorique, des concerts en direct, des documentaires, des films de qualité, des programmes éducatifs, la messe même le dimanche matin. C'est donc tout un patrimoine qui s'évanouit. De nombreux journalistes s'inquiètent notamment de la disparition de l'exceptionnel fond d'archives. 

Un "mammouth journalistique"

Tout le monde s'accorde donc sur la qualité du contenu de ces trois chaînes publiques, mais beaucoup dénoncent la création d'une sorte de "mammouth journalistique". "Que font 3.000 personnes pour trois chaînes, c'est énorme quand même. Un grand problème de la Grèce actuelle c'est ce grand nombre d'employés publics ", explique-t-il. Un secteur qui emploie un peu plus d'un million de fonctionnaires, soit un quart de la population active. 

"Le secteur privé a l'impression de payer depuis de nombreuses années pour le public"

Les trois chaînes publiques réunies employaient trois à quatre fois plus de monde que leurs concurrentes privées pour une part d'audience cumulée nettement inférieure : 11% contre 28% pour la première chaîne privée. Une disproportion qui contribue à creuser encore un peu plus le fossé au sein même du peuple grec, entre les fonctionnaires et le reste de la société. "Le secteur privé a l'impression de payer depuis de nombreuses années pour le public ", explique une experte.

Le gouvernement d'Antonis Samaras promet de faire renaître de ses cendres la radiotélévision publique en septembre prochain, mais à un coût nettement inférieur et l'emploi d'un tiers seulement des salariés.

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