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L'Iran, huit mois après l'élection d'Hassan Rohani

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Les récentes avancées sur la question du nucléaire iranien au niveau international découlent en grande partie de l'arrivée d'un nouveau président à la tête du pays : Hassan Rohani, élu en juin dernier. Retour sur les changements initiés par le nouvel homme de l'Iran avec notre envoyé spécial à Téhéran.
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Radio France
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L'Iran et les grandes puissances ont trouvé un accord sur le programme nucléaire iranien le 24 novembre dernier à Genève. Il est mis en oeuvre depuis trois semaines, et prévoit un arrêt de l'enrichissement de l'uranium à 20 % et des contrôles accrues des ingénieurs de l'AIEA en échange d'une levée partielle et progressive des sanctions... Cette discussion et cet accord sont l'un des fruits de la nouvelle présidence Rohani à l'oeuvre depuis exactement 6 mois. 

Avec
près de 80 millions d'habitants dont plus de 70% à moins de 30 ans, l'Iran est
un pays plein de force. Cette
poussée démographique n'est pas sans conséquence sur la société iranienne. Cette
jeunesse aspire à davantage de droits, plus de libertés. Cela s'incarne dans le
style vestimentaire beaucoup plus libre qu'avant, notamment à Téhéran et une
police des moeurs qui ne sait plus où donner de la tête tant l'inventivité de
cette jeunesse les prend de court.

La population espère retrouver un meilleur pouvoir d'achat

L'élection
d'Hassan Rohani à la tête de la République Islamique d'Iran, en juin 2013, et
surtout la signature d'un accord sur le dossier nucléaire avec les grandes
puissances le 24 novembre, à Genève, a permis de desserrer l'étau. La population
qui subit durement le poids des sanctions internationales se prend à espérer
une vie meilleure. Elle espère surtout retrouver rapidement du
pouvoir d'achat tant l'inflation a été forte ces deux dernières années.

 A
l'occasion du 35ème anniversaire de la révolution islamique de 1979, le
gouvernement a choisi de distribuer à près de 10 millions d'iraniens le
"panier des familles", une aide alimentaire équivalente à 800 000
rials, soit 20€. Cela
offre un petit coup de pouce bienvenu et permet à la république islamique de
rappeler le caractère redistributif et populaire de la révolution de 1979.

La
fin progressive des sanctions économiques devraient définitivement permettre à
la population de retrouver leur niveau de vie d'avant, de retrouver des
emplois, ce qui devrait reléguer au second plan les questions plus sociétales. A
moins que le Président Hassan Rohani ne s'en saisisse, surfant sur le succès
populaire de Genève, et ne décide de libérer quelques-unes des figures du
mouvement vert de juin 2009. Si cela devait arriver, ce serait le signe
que le nouveau Président iranien arrive à faire jeu égal avec le guide suprême,
Ali Khamenei. C'est un équilibre subtil qu'il doit trouver, très propre à l'organisation
du pouvoir en Iran, et c'est sans doute la chose la plus dure à gérer pour un
Président de la République qui ne peut pas être sous cette forme de République
le leader incontesté et incontestable.

 

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