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Conférence de paix Genève II : les Syriens ont peu d'espoir

Près de trois ans après le début du conflit syrien, les représentants du président Bachar al-Assad et de l'opposition en exil doivent s'entretenir pour la première fois ce mercredi en Suisse. La ville de Montreux accueille la conférence "Genève II", avec une quarantaine de pays et sous l'égide de l'ONU. Comment voit-on cette conférence en Syrie et en Jordanie ? Reportages.

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Comment trouver une issue au conflit syrien qui a fait plus de 130.000 morts en trois ans ? Les yeux du monde seront rivés mercredi sur la conférence de paix dite de "Genève II" qui s'ouvre en Suisse. Une quarantaine de pays, les représentants du régime de Damas et de l'opposition syrienne se retrouvent sous l'égide de l'ONU pour tenter d'avancer vers une solution politique au conflit qui dure depuis mars 2011. L'Iran, l'un des principaux soutiens de la Syrie, a finalement été rayé de la liste des invités.

"Ce sont les Syriens qui doivent décider"

Dans la capitale syrienne, la population continue de soutenir majoritairement Bachar al-Assad. Valérie Crova est allée à la rencontre des habitants du quartier chic de Mazzeh. Ici, les arguments ressemblent beaucoup à ceux prônés par le régime : "Je n'ai pas du tout d'espoir en Genève II ", indique par exemple cet habitant. "Ce sont les Syriens qui doivent décider. La solution c'est que les pays comme l'Arabie Saoudite, la Turquie, la France, l'Amérique, tous ceux qui soutiennent les rebelles doivent arrêter de les aider ", ajoute-t-il.

"C'est la deuxième conférence de paix, et on n'est toujours pas arrivé à la faire, la paix" (une habitante de Damas)

"O n veut le retour à la sécurité en Syrie, que les massacres s'arrêtent et qu'on vive comme avant, mais à mon avis il n'y aura pas d'accord parce que les pays qui y participent ont amené la haine en Syrie ", ajoute une habitante de Damas. Mais aucun commentaire dans ce quartier sur la responsabilité du gouvernement syrien.

A la rencontre d'un combattant rebelle en Jordanie

Pour l'opposition, par contre, il est clair que Bachar al-Assad doit partir. Angélique Ferrat a rencontré en Jordanie un chef de katiba syrien, un combattant rebelle du sud de la Syrie. Comme beaucoup, sa famille est à l'abri en Jordanie. Trop de combats, trop de dangers à Deraa.

Abo el Fida a 41 ans. Ses cheveux ont blanchi avec la révolution, rigole-t-il. Pas de colère comme certains, pas de discours vengeur, il est même plutôt timide. Il ne dira rien sur sa pauvreté aujourd'hui. Mais son fils de 12 ans doit aller travailler pour payer le loyer. "J'ai tout perdu. Mes enfants ne vont pas à l'école depuis trois ans. J'ai perdu ma maison, j'ai perdu beaucoup de membres de ma famille, j'ai perdu mon patrimoine ", explique-t-il, avant de poursuivre : 

"On perd une génération d'enfants qui ne va pas à l'école. Mais tout cela n'est rien quand on recherche la liberté" (Abo el Fida)

Alors Genève II... Cette conférence est à des années-lumière de sa réalité. Pour lui, toute solution cuisinée à l'extérieur de la Syrie est condamnée à l'échec. "Ces combattants qui combattent depuis des chambres d'hôtel ne peuvent pas décider pour nous les combattants du terrain ", dit-il. Dans quelques jours il repart au combat. "Si je meurs je serai un martyr, si je ne meurs pas, je n'oublierai jamais ce qu'ils nous ont fait ", ajoute-t-il.

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