Le mot de l'éco. Les salaires ont progressé mais certains secteurs davantage que d'autres

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L’indice du salaire mensuel de base a augmenté d’1,4% entre juin 2020 et juin 2021, au même rythme que les prix. Que signifie cette progression des salaires ? Décryptage avec Isabelle Raymond, cheffe du service éco de franceinfo.

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Radio France
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L’indice du salaire mensuel de base a augmenté d’1,4% entre juin 2020 et juin 202. (Illustration) (MALTE MUELLER / FSTOP / GETTY IMAGES)

Les dernières statistiques viennent d’être publiées par la Dares, la direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques, rattachée au ministère du Travail. Et ces chiffres nous disent que les salaires ont globalement progressé au même rythme que les prix.

L’indice du salaire mensuel de base a en effet augmenté d’1,4% entre juin 2020 et juin 2021, alors que dans le même temps l’indice des prix a augmenté d’1,4% également. Cela signifie, à gros traits évidemment et en moyenne, que le pouvoir d’achat des ménages est resté intact sur cette période.   

franceinfo : Cette progression des salaires, elle est la même pour tout le monde ? 

Isabelle Raymond : Alors non, certains salaires progressent davantage que d’autres. La hausse la plus forte concerne les ouvriers qui travaillent dans les secteurs de l’information et de la communication avec un salaire horaire qui augmente de 2,4% sur un an. La progression la plus faible, on la trouve dans l’hôtellerie et la restauration : avec une hausse comprise entre 0,9 et +1,1% sur un an. 

C’est aussi dans l’hôtellerie et la restauration que l’on travaille le plus en termes d'heures, selon la Dares. On l’a déjà dit, depuis la crise sanitaire, la restauration a perdu beaucoup de salariés et elle a du mal à recruter. Le secteur est pointé du doigt par le gouvernement qui l’exhorte à augmenter les salaires pour attirer de nouvelles recrues. 

Cette question des salaires, on sent qu’elle occupe le débat public en ce moment  ?

Oui, à cause de différents facteurs : d’abord la crainte de la baisse de pouvoir d’achat, entretenue par la hausse des prix de l’énergie qui pèse sur les ménages modestes, ce qui a poussé le gouvernement à annoncer un coup de pouce de 100 euros supplémentaires à plus de 5 millions et de demi de foyers. Mais l’exécutif ferme en même temps la porte à toute revalorisation du SMIC en dehors de la hausse automatique qui interviendra le 1e octobre. Augmenter trop le SMIC serait contre-productif en termes d’emploi, martèle le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. 

La campagne électorale pour les présidentielles aussi pousse évidemment le sujet des salaires sur le devant de la scène ?

À gauche de l’échiquier politique, Arnaud Montebourg propose d’augmenter le SMIC d’au moins 10%, avec des négociations par branches. Quant à Anne Hidalgo, elle propose de doubler les salaires des profs. À droite aussi, la foire aux idées est lancée : Valérie Pécresse, candidate LR, propose d’augmenter les salaires de 10%, là aussi jusqu’à 2,2 SMIC, en réduisant les cotisations sociales, ce qui ferait mécaniquement augmenter le salaire net.

Et c’est là qu’on voit qu’à travers les salaires, ce sont toujours les mêmes sujets qui cristallisent le débat politique. Faut-il baisser le coût du travail, changer de système de protection sociale en finançant les risques de la vie (travail, maladie etc.) par l’impôt ? Faut-il augmenter tous les bas salaires ou seulement ceux des métiers sous tension ? De quoi animer les prochains mois jusqu’à l’élection présidentielle du printemps prochain.   

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