Le mot de l'éco. La flambée des prix du gaz

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Le gaz ne cesse d'augmenter. La consommation de gaz en Europe augmente et, dans le même temps, les pays européens en produisent peu. La note sera salée car nous importons en Europe 60% de nos besoins en gaz. Décryptage avec Isabelle Raymond. 

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Radio France
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Les fluctuations du prix du gaz. (Illustration) (FERNANDO GUTIERREZ-JUAREZ / DPA-ZENTRALBILD / AFP)

Pourquoi le gaz ne cesse-t-il pas d'augmenter ? Plusieurs raisons à cela. Isabelle Raymond, cheffe du service éco de franceinfo, détaille les raisons et les conséquences de ces fluctuations. 
 
franceinfo : La flambée des prix du gaz n’en finit pas ?  


Isabelle Raymond : Oui, avec une conséquence aussi sur les factures d’électricité partout en Europe. Les gouvernements prennent différentes mesures pour faire en sorte que cette envolée des cours ne pèse pas trop sur les ménages les plus modestes, avec des coups de pouce, notamment sous forme de chèque énergie en France, mais aussi en Espagne et en Italie. En Grande Bretagne, les centrales à charbon se sont remises à tourner et les faillites de fournisseurs d’énergie se multiplient depuis quelques semaines. 

Pourquoi une telle fluctuation sur les cours du gaz ? 

D’abord parce qu’on consomme de plus en plus de gaz en Europe ; conséquence de l’abandon progressif des énergies d’origine fossile comme le charbon, sauf que les énergies renouvelables (éolien, solaire) ne suffisent pas pour l’instant à remplir nos besoins. 

Et puis comme on produit très peu de gaz, et bien on en importe en masse. Jusqu’à 60% de notre consommation en Europe. Et cette année, encore plus que d’habitude, car nos stocks sont quasiment vides à cause d’un printemps frisquet qui nous a obligés à rallumer le chauffage avant l’été. La demande en gaz donc explose cet automne, quand dans le même temps l’offre, elle, ne suit pas. D’abord parce qu’il faut aussi satisfaire un marché asiatique très gourmand en gaz naturel. La Chine notamment a augmenté ses achats (toujours à la faveur de l’abandon du charbon). 

Et puis les sources d’approvisionnement ne sont pas infinies. Algérie, Norvège et surtout la Russie, le premier producteur de gaz naturel au monde. Et c’est là que se mêle toujours une part de géopolitique, car c’est pour des raisons politiques que le nouveau gazoduc russe, baptisé Nord Stream 2, n’est toujours pas mis en service. 

Mais est-ce qu’il faut s’y faire à cette énergie très chère ? 
 
C’est un peu la question qui anime les débats aujourd’hui au sein de la Commission européenne, avec des divergences de points du vue sur les priorités : contenir le prix du CO2 ou assumer une politique qui favorise la transition écologique. Le débat anime aussi les candidats à la présidentielle en France sur fond de sortie du nucléaire. 

Faut-il se résoudre à ce que l’énergie soit plus chère pour obliger les populations à changer leur comportement, à réduire leur consommation ? Faut-il prôner la sobriété énergétique tout en compensant, en tout cas au début, les surcoûts pour les ménages les plus modestes ?  Faut-il donc assumer politiquement qu’une énergie plus chère est le prix à payer de la transition écologique ? Le débat est vif, et loin d’être tranché. 

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