La concurrence devient réalité pour les TGV à la SNCF

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Concurrence, c'est "Le mot de l'éco" cette semaine. Les trains à grande vitesse, monopole jusqu'ici de la SNCF, sont désormais en concurrence avec l'italien Trenitalia sur la ligne Paris-Lyon. 

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Deux trains à grande vitesse de la compagnie nationale italienne Trenitalia, avec un train FS ETR 500 (à gauche) et un train Frecciarossa 1000 (à droite).  (FERNANDO GUTIERREZ-JUAREZ / DPA-ZENTRALBILD / AFP)

L'italien Trenitalia se lance donc sur la ligne la plus fréquentée de France, entre Paris et Lyon, plaçant pour la première fois la SNCF en situation de concurrence pour ce qui était jusqu'ici un monopole pour l'entreprise, les TGV.

franceinfo : S'agit-il vraiment d'une menace sérieuse pour la SNCF ? 

Raphaël Ebenstein : Pour le moment, le match des trains à grande vitesse semble encore très déséquilibré. Puisque Trenitalia démarre avec 2 A/R quotidiens entre Paris et Lyon. Là où la SNCF en propose 24, en TGV ou en Ouigo...

L'offre doit toutefois augmenter d'ici quelques semaines, le groupe italien prévoit en effet de déployer à terme 5 Frecciarossa, comprenez Les flèches rouges, surnom de son train à grande vitesse et de proposer ainsi 5000 places par jour. Avec un positionnement sur lequel s'est depuis aligné la SNCF.

Une 2e classe ou standard et deux sortes de 1ère dont une "super 1ère" baptisée Executive par Trenitalia, ou Business par la SNCF, dotée notamment d'un service de restauration ou de collation à la place, et destinée à une clientèle affaires très haut de gamme.

Trenitalia ne se positionne pas, en revanche, sur le créneau low cost et ne fera pas concurrence aux Ouigo que la SNCF compte multiplier sur la ligne Paris-Lyon, y compris avec une prochaine offre Ouigo Vitesse Classique à 30 euros maximum le prix du billet.

D'autres opérateurs, français ou étrangers, vont-ils maintenant se lancer sur le marché des trains à grande vitesse, dans la foulée de Trenitalia ?

Sur les trains à grande vitesse, où la concurrence se fait en open access, en accès libre, comme dans l'aérien, avec plusieurs compagnies desservant les mêmes destinations, cela semble peu probable avant au moins 2023.

La compagnie espagnole Renfé est intéressée mais a déjà dénoncé les conditions d'entrée sur le marché français : prix des péages ferroviaires jugés trop élevés, contraintes d'adaptation du matériel etc. Elle a toutefois décidé d'ouvrir une succursale à Paris, preuve de ses intentions, à terme.

Et elle a engagé fin octobre des "contacts préliminaires" pour pouvoir concurrencer l'Eurostar entre Paris et Londres, en passant par le tunnel sous la Manche malgré le contexte sanitaire et les conséquences du Brexit.

La concurrence s'annonce-t-elle en fait plus redoutable pour la SNCF sur les liaisons régionales, les fameux TER ?

Le système d'ouverture à la concurrence est différent. Ce sont les régions qui mettent des lots aux enchères, et un seul opérateur exploite ensuite le lot, par contrat, pendant plusieurs années.

Le conseil régional de PACA a ainsi décidé de confier au groupe français Transdev la ligne Paris-Nice-Toulon à compter de juillet 2025, et jusqu'en 2035. Et ce n'est que le premier d'une série sans doute beaucoup plus longue. Au fur et à mesure que les appels d'offres seront lancés par les régions, la procédure deviendra obligatoire pour elles, au plus tard, fin 2023.

D'autres lignes de PACA, mais aussi des Hauts-de-France, des Pays de la Loire ou du Grand-Est devraient ainsi changer d'opérateur, d'autant que plusieurs concurrents de la SNCF sont sur les rangs. Transdev, donc, mais aussi des filiales de la Deutsche Bahn allemande, de Trenitalia et même de la RATP !

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