Washington : les pandas sont de retour, un signe de dégel entre la Chine et les États-Unis ?

Le zoo national américain va accueillir d'ici la fin de l'année un nouveau couple de jeunes plantigrades chinois. Serait-ce le signe d'un apaisement entre Pékin et Washington ?
Article rédigé par Isabelle Labeyrie
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Le panda géant Bao Li dans son habitat à la base de Shenshuping à Wolong, en Chine, le 16 mai 2024. (AFP PHOTO / ROSHAN PATEL, SMITHSONIAN'S NATIONAL ZOO AND CONSERVATION BIOLOGY INSTITUTE)

On ne sait pas encore quand vont arriver ces deux grosses boules de fourrure noires et blanches - pour l'instant elles sont encore en Chine à faire des roulades et à grignoter des bambous. Mais on sait déjà que ces "pandassadeurs" s'appellent Qing Bao pour la femelle et Bao Li pour le mâle (dont la mère est d'ailleurs née dans le même zoo en 2013). "Bao" peut se traduire par "trésor" ou "objet précieux".

L'annonce de ce nouveau contrat de prêt avec la Chine pour dix ans a été faite mercredi 29 mai par les responsables du Smithsonian's National Zoo & Conservation Biology Institute, aux côtés d'une première dame très enthousiaste, Jill Biden parlant même d'un moment "historique".

Les pandas géants ne feront leurs débuts en public que lorsque le zoo estimera qu'ils se sont acclimatés à leur nouvel habitat et qu'ils sont prêts à accueillir un grand nombre de visiteurs. À leur arrivée, ils seront mis en quarantaine au moins 30 jours afin de réduire le risque d'introduction de parasites ou de maladies chez les autres animaux. Puis ils découvriront leur nouvel habitat, en cours de rénovation, comprenant de nouvelles structures d'escalade et de jeux d'eau pour les encourager à faire de l'exercice, ainsi qu'un nouveau système de ventilation pour améliorer la qualité de l'air.

Comptez les pandas

Ça fait cinquante ans que Pékin utilise de manière intense la "diplomatie du panda" comme outil de soft power. Si l'Empire du milieu envoie ses gros nounours à travers la planète, ce n'est pas seulement pour contribuer à la préservation de l'espèce, mais surtout pour donner la température de ses relations avec ses partenaires. Pour savoir si vous trouvez grâce à ses yeux, il suffit de compter le nombre de pandas qu'il vous a prêtés.

L'arrivée prochaine de Qing Bao et Bao Li est donc un vrai signe d'apaisement entre les deux superpuissances. Face à la presse, mercredi 29 mai, l'ambassadeur de Chine, le vrai, le bipède, a d'ailleurs dit aux Américains : "prenez soin des relations entre la Chine et les États-Unis comme vous prenez soin des pandas". "Pour l'avenir du monde, la Chine et les États-Unis devraient choisir d'être des partenaires et non des rivaux".

"Les envoyés de l'amitié"

Pourtant, il y a quelques mois, ce n'était pas tout à fait la même musique. En novembre dernier, quand le précédent contrat est arrivé à terme, les trois locataires poilus du zoo de Washington sont rentrés à la maison sans être remplacés. Quelques mois plus tôt, c'est Yaya, hébergée depuis 20 ans au zoo de Memphis cette fois, qui a fait le chemin retour. Les liens étaient au plus bas.

Mais en novembre, Xi Jinping et Joe Biden, qui se sont rencontrés, ont convenu de plus se parler. Le président chinois a laissé entendre qu'il était disposé à faire parvenir davantage d'"envoyés de l'amitié" aux États-Unis, malgré une rivalité géopolitique qui s'intensifie : les deux hommes sont en désaccord à peu près sur tout, l'indépendance de Taïwan, le soutien à la Corée du Nord, les questions commerciales et technologiques.

Entretenir cette amitié très diplomatique a un coût, le zoo national va verser à la Chine une redevance d'un million de dollars par an pendant dix ans.

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