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L’engrenage de la violence à Hong Kong

La planète tourne et nous posons le doigt sur Hong-Kong, où des tirs à balle réelle ont été tirés.

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Des traces de sang laissées par la blessure par balle tiré par un policier sur le corps d\'un étudiant lors de la manifestation du 11 novembre à Hong Kong.
Des traces de sang laissées par la blessure par balle tiré par un policier sur le corps d'un étudiant lors de la manifestation du 11 novembre à Hong Kong. (ANTHONY WALLACE / AFP)

Ces 48 dernières heures, le mouvement de contestation à Hong Kong a pris une autre tournure. Cela fait 24 semaines qu’aucun compromis n’a été trouvé entre les manifestants et le pouvoir pro-chinois de l’ancienne colonie britannique. Jusqu’à présent, les manifestations avaient lieu le week-end, de façon organisée, et relativement maîtrisée. Les immenses manifestations laissent la place à de plus petites, avec une même et solide détermination : empêcher Pékin d’accélérer sa mainmise politique, légale et économique sur Hong Kong. Lundi 11 novembre, un policier a ouvert le feu sur un jeune manifestant, le blessant grièvement : il est entre la vie et la mort. Plus tard dans la journée, c’est un passant qui s’en prenait à des manifestants à été aspergé d’un liquide puis brûlé vif : lui aussi lutte pour la vie. De part et d’autre de la contestation et de l’ordre, il y a un épuisement général et une impression que rien ne bouge, rien ne change.  

Le pari du président chinois Xi Jinping  

Depuis le mois de juin, le président chinois pense en effet que les étudiants de Hong-Kong vont s’épuiser. Sauf qu’il ne s’agit plus seulement de manifestations, mais d’une multiplication des petites actions sporadiques : mardi soir, les étudiants ont investi le campus de l’Université chinoise de Hong Kong, et en quelques heures c’était un champ de bataille : grenades lacrymogènes et balles en caoutchouc contre cocktails Molotov et pierres, et même des flèches. Toute la nuit, retranchés, les étudiants ont tenu la police en échec. Le lendemain, via les messageries, les étudiants ont organisé des blocus des transports en commun : les sept millions de voyageurs quotidiens n’ont tout simplement plus eu accès au métro : l’immense capitale économique s’est transformée en ville chaotique et angoissée, avec écoles fermés et centres commerciaux barricadés. À Pékin, les journaux pro-pouvoir ont rappelé qu’une garnison de l’armée était prête à intervenir : est-ce le signe d’une intervention militaire que tout le monde redoute ? C’est impossible encore à savoir. La cheffe de l’éxécutif de Hong Kong, Carrie Lam, relais du pouvoir chinois et bête noire des manifestants, a fait une déclaration très claire : "S’il y a encore la moindre illusion que le gouvernement de la région cède à la pression, je le dis haut et fort : cela n’arrivera pas."  En clair, Hong Kong s’enfonce dans une crise majeure, et violente.

Des traces de sang laissées par la blessure par balle tiré par un policier sur le corps d\'un étudiant lors de la manifestation du 11 novembre à Hong Kong.
Des traces de sang laissées par la blessure par balle tiré par un policier sur le corps d'un étudiant lors de la manifestation du 11 novembre à Hong Kong. (ANTHONY WALLACE / AFP)