Le Canada puise dans ses réserves stratégiques... de sirop d'érable

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C'est l'or blond du Canada. Une matière presque aussi précieuse que le pétrole : le sirop d'érable. Un marché sous haute tension en cette fin d'année.

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Radio France
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Différents sirops d'érable présentés à la mairie de Toronto (Canada). (ROBERTO MACHADO NOA / LIGHTROCKET via GETTYIMAGES)

Le monde allait-il manquer de sirop d'érable ? C'est la question qui a agité les médias québécois et étrangers ces derniers jours. Car cette année, la récolte a été plus que moyenne. Pour récupérer la sève, au printemps, il faut que la température soit au-dessus de zéro le jour, mais en dessous la nuit. Or en 2020 il a fait trop chaud : ces conditions n’ont été réunies que sur un temps très court et la production est tombée à 60 000 tonnes contre quasiment 80 000 l'an dernier.

Parallèlement à cette baisse de production, la demande, elle, est montée en flèche. Sans doute les confinements nous ont-ils donné envie de manger sucré. Au Québec mais aussi aux États-Unis, en Europe, au Japon.

Selon l'organisation des "Producteurs et Productrices acéricoles du Québec", les exportations ont bondi de 20% depuis le début de la pandémie. Comme le Québec assure à lui seul 73% de la production mondiale, forcément toute la communauté des mangeurs de pancakes a tremblé.

Puiser dans les réserves stratégiques 

Pour éviter la pénurie, le Canada a fait ce que les États-Unis ou la Chine viennent de faire pour le pétrole : puiser dans ses réserves stratégiques mises en place il y a 20 ans, justement pour éviter les ruptures de stock et contrôler les prix.

25 millions de kilos, 25 tonnes, ça c'est la théorie parce que si on ne garde que le "bon sirop", sans défaut de saveur, la réserve est descendue à 13 millions, 13 tonnes. Les barils sont gardés 24h sur 24 à Laurierville, au centre du Québec, dans un entrepôt qui ressemble à une vraie forteresse. Ils peuvent rester stockés plusieurs années. La dernière fois que les producteurs ont du piocher dans cette réserve, c'était en 2008, le procédé reste donc assez exceptionnel.

Sept millions d'entailles supplémentaires en 2022

En tout cas, cela devrait suffire, on ne va pas manquer de sirop d'érable au petit déjeuner. Cela va tenir a priori jusqu'à la prochaine saison. Le syndicat a d'ailleurs autorisé les producteurs à pratiquer sept millions d'entailles supplémentaires sur les arbres au printemps 2022 pour donner un petit coup de boost à la production et reconstituer ses stocks. Pas question en tout cas de se laisser piquer des parts de marchés par les Américains, qui sont à l’affut du moindre faux-pas de leur voisin. 

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