La Nouvelle-Zélande ne vous laissera plus faire vos besoins dans la nature

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La Nouvelle-Zélande veut profiter de la période du coronavirus pour remettre à plat toute sa stratégie en matière de tourisme : adieu les petits budgets, place aux voyageurs fortunés ! Et plus question pour les voyageurs d'aller faire leurs besoins dans la nature.

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Radio France
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Un camping-car dans le sud de la Nouvelle-Zélande, au bord du lac Moke. Photo d'illustration.
 (MATTHEW WILLIAMS-ELLIS / UNIVERSAL IMAGES GROUP EDITORIAL)

Dans l'archipel, le coronavirus, c'est presque de l'histoire ancienne : plus aucun cas depuis début octobre. Les Néo-zélandais réfléchissent déjà au monde d'après, notamment à la façon dont ils vont accueillir les touristes, quand les frontières rouvriront et que les amateurs de nature reviendront sillonner les routes dans un mini-van avec couchette, randonner sac au dos sur la pente d'un volcan, faire du stop entre deux plages à la rencontre des colonies d'otaries.

Eh bien tout va changer, ça ne rigole pas ! Les Néo-zélandais n'en peuvent plus de voir de jeunes Américains, Chinois ou européens se balader dans la nature un rouleau de papier toilette à la main, se cacher derrière un buisson puis s'accroupir pour se soulager d'un besoin naturel – avant de repartir en laissant derrière eux les traces de leur forfait.

C'est comme ça, la Nouvelle-Zélande a un problème avec le caca des touristes, en tout cas celui de ces "backpackers" à petit budget amateurs de nuits à la belle étoile, qui n'ont pas les moyens de s'offrir un camping-car avec toilettes chimiques et four intégré. Le gouvernement va donc sévir !

Plus de camping-cars sans WC

Le ministre du Tourisme, Stuart Nash, a expliqué mercredi qu'il allait interdire la location de vans et de camping-cars bas de gamme. Ne seront autorisés que les véhiculés équipés de toilettes. Plus besoin de louer un simple matelas sur quatre roues et d'aller se mettre les fesses à l'air dans la nature. Adieu l'ivresse de la liberté ! Chacun devra louer le top du top du tout équipé.

"Laisser des gens déféquer au bord des routes, ce n'est pas ce que nous sommes en tant que nation" dit le ministre. "Ça ne fait pas partie de notre image de marque... Et je ne crois pas que ce soit ce genre de touristes que les Néo-zélandais veulent voir dans leur pays". C'est clair : la Nouvelle-Zélande cible désormais officiellement le touriste haut de gamme.

Le touriste qui dépense peu n'est pas l'avenir (...) Nous avons une occasion unique de revoir notre stratégie

Stuart Nash

"Ce que nous vivons est une occasion unique de revoir notre stratégie", dit encore Stuart Nash. "Le touriste qui dépense peu - mais coûte cher - n'est pas l'avenir. Mon ambition, c'est que nous soyons considérés par les voyageurs les plus exigeants comme l'une des trois meilleures destinations de la planète".

Ce positionnement assez tranché n'a pas manqué de faire réagir. Le ministre est en place depuis moins d'un mois, c'est son premier éclat, les éditorialistes de la presse locale dénoncent une forme de dédain pour les jeunes voyageurs.

On a vu fleurir dans les journaux et sur les réseaux sociaux toute une série de caricatures bien senties, où les rouleaux de papier toilette brandis par les touristes sont transformés en rouleaux de billets de banques.

Le secteur du tourisme est vital pour l'économie du pays, d'année en année les chiffres explosent... Il y a 5 millions d'habitants en Nouvelle-Zélande. En 2019, avant la pandémie, le pays avait reçu un nombre de touristes quasi équivalent. 

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