L'Union européenne va geler une partie des fonds destinés à la Hongrie dont les réformes sont jugées trop timides

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Le gouvernement de Viktor Orban n'a pas respecté ses engagements pour améliorer l'État de droit. Les 27 ont donc décidé de ne lui verser que 45% des aides destinées à réforme le pays. La Hongrie a deux ans pour agir.
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Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, à Budapest, le 13 décembre 2021. (ATTILA KISBENEDEK / AFP)

Sans respect de l'État de droit, pas de subventions. Pour la première fois, l'Union européenne déclenche son "mécanisme de conditionnalité" avec la Hongrie de Viktor Orban. Elle va geler des fonds qui lui étaient destinés.... Mais pas non plus à 100%. Comme Budapest n'a mis en œuvre qu'une petite partie des réformes que Bruxelles lui demandait, l'UE va lui donner une petite partie des aides prévues.

Les européens vont donc sortir de l'enveloppe 45% des fonds et garder tout le reste au chaud. Cela signifie que le Premier ministre hongrois va quand même pouvoir investir dans les infrastructures du pays mais qu'il va devoir faire une croix sur 6,3 milliards d'euros. Ce sont des fonds gelés, pas bloqués. La somme est simplement mise de côté et elle sera débloquée quand la Hongrie s'attaquera vraiment à la corruption, quand les marchés publics seront transparents et les juges indépendants.

L'inflation dépasse les 25% en Hongrie

Mais attention, il y a une date de péremption : la Hongrie a deux ans maximum pour agir. En septembre Budapest avait essayé de rattraper le coup en présentant tout un paquet de mesures. Vu de Bruxelles elles n'ont finalement pas été jugées suffisamment crédibles. La liste des déficiences, des faiblesses et des limites de la démocratie hongroise est encore très très longue. Les États membres ne sont pas allés aussi loin que ce que souhaitaient les eurodéputés qui eux auraient bien sucré la totalité des étrennes de Viktor Orban mais ce compromis négocié lundi 12 décembre au soir permet à tout le monde de voir le verre à moitié plein.

Viktor Orban bloquait plusieurs décisions clés ces derniers mois dans l'enceinte européenne pour faire pression sur ses partenaires. Le Premier ministre hongrois a finalement levé son veto dans deux dossiers extrêmement importants. D'abord un fonds de 18 milliards d'euros d'aides à l'Ukraine qui sera donc bien prélevé sur le budget européen l'an prochain pour être versé à Kiev. Ensuite, sur le plancher d'impôt de 15% pour les multinationales. Mais là pour que la mesure entre en vigueur il faudra que la Pologne elle aussi donne son feu vert. Les européens ont même eu peur qu'il s'oppose à un nouveau train de sanction contre la Russie. Sauf que Viktor Orban n'avait pas d'autre choix que de faire des concessions. La Hongrie est dans une situation économique tellement difficile qu'il fallait à tout prix débloquer au moins une partie des fonds. Gonflée par les prix de l'énergie et de l'alimentation, l'inflation va dépasser en décembre les 25%, les intérêts de la dette s'alourdissent, une récession sévère est annoncée pour l'an prochain.

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