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L'Espagne vote une loi transgenre qui divise la gauche

Après des mois de tension, la loi pour les droits des personnes transgenres a finalement été adoptée par le parlement espagnol, malgré les divisions au sein de la gauche et des féministes.

Article rédigé par Gaële Joly
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Des drapeaux LGBT+ dans une rue à Madrid (Espagne) pour la gay pride, le 1er juillet 2022. (GABRIEL BOUYS / AFP)

Le texte ne fait clairement pas l'unanimité. Avec 188 voix pour et 150 voix contre, les débats ont été houleux mais les députés ont finalement dit oui. La loi permettra aux personnes qui le souhaite de changer de genre sur leurs papiers d’identité, sans avoir à fournir de rapports médicaux ou de preuve de traitement hormonaux, et ce dès 16 ans. Un délai de trois mois est prévu entre le dépôt de la demande et sa validation pour confirmer sa décision

Mais le projet espagnol va encore plus loin. Il autorise même les 14-16 ans à faire ce changement à l’état civil, à condition qu'ils soient accompagné de leur parents. Pour les 12-14 ans, il faudra obtenir le feu vert de la justice. La "loi trans" interdit aussi les thérapies de conversion, qui cherche à changer l’orientation sexuelle des personnes LGBT+, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 150 000 euros.

"Cette loi répare une dette historique"

Pour la ministre de l’Égalité Irene Montero, "cette loi répare une dette historique à l’égard des personnes transgenres", victime de "pathologisation", "il faut les laisser vivre pleinement leur identité", dit la ministre.
Le projet de loi a provoqué une fracture au sein de la gauche espagnole. Cette loi, c'est le cheval de bataille des alliés des socialistes au sein du gouvernement de Pedro Sanchez, le parti d’extrême gauche Podemos. Le PSOE a tenté de modifier le texte, en vain : "Revendiquer le genre comme étant au-dessus du sexe biologique me semble être un recul" pour les femmes, a dénoncé l'ancienne numéro deux du gouvernement Sanchez, Carmen Calvo, pour qui "le sexe biologique n'est ni volontaire ni optionnel".

Comme elle, les féministes "historiques" craignent que des personnes de sexe masculin s’auto-identifiant comme femmes puissent, par exemple, participer à des compétitions sportives féminines, ou se faire incarcérer dans des prisons pour femmes.

L'Espagne n'est pas la première à avoir franchi ce cap. En Europe, le premier pays à avoir accordé ce droit de l’autodétermination du genre via une simple déclaration administrative est le Danemark en 2014. La Suisse autorise un tel changement depuis cette année. Et l'Ecosse vient d’adopter un texte similaire à celui voté en Espagne.  

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