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Grande-Bretagne : le téléphone personnel de Liz Truss piraté selon la presse anglaise

Une nouvelle affaire de piratage de téléphone de responsable politique, cette fois-ci en Angleterre. Les responsables politiques sont-ils trop insouciants avec leurs données numériques ? 

Article rédigé par franceinfo - Frédéric Says
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Liz Truss, ex-Première ministre au téléphone dans sa voiture à Londres (Grande-Bretagne), le 1er avril 2019. (TOLGA AKMEN / AFP)

La cible de cet espionnage n'est autre que Liz Truss, qui était jusqu'à récemment la Première ministre britannique. Révélation dimanche 30 octobre du journal Mail on Sunday. Piratage découvert l'été dernier, alors que Liz Truss était encore ministre des Affaires étrangères. Selon cette enquête, les espions ont eu accès à des conversations sensibles à propos de l'Ukraine et des livraisons d'armes.

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Des conversations embarrassantes aussi, de Liz Truss avec un collègue ministre, où les deux disaient du mal de leur patron, le chef du gouvernement, à l'époque Boris Johnson. Des ragots téléphoniques de nature à déclencher ensuite un chantage de la part des espions, s'inquiète le Mail on Sunday, pour qui la piste la plus plausible est celle des services de renseignement russes. D'après les informations du journal, l'appareil espionné était le téléphone personnel de Liz Truss. Il a depuis été placé en lieu sûr, pour être examiné. Et la dirigeante politique a changé de numéro.

Des révélations qui entraînent une polémique

L'opposition réclame une enquête. Elle se demande si cette affaire n'a pas été enterrée par le gouvernement conservateur à l'époque. Pas de vagues, pour éviter le scandale. Après coup, c'est raté. L'opposition dénonce aussi la légèreté de Liz Truss, qui aurait donc évoqué des dossiers sensibles sur son téléphone personnel. Prudence tout de même. La polémique ne repose pour l'instant que sur l'article du journal britannique. Les soupçons de piratage n'ont pas été jusqu'ici confirmé par les autorités, ni par la première intéressée.

Ça n'empêche pas certaines figures politiques de faire la leçon à Liz Truss y compris dans son propre camp. Comme le député conservateur Iain Duncan Smith, l'un des vétérans du parti conservateur : "Nous sommes trop insouciants avec nos téléphones, dénonce-t-il. moi, je pars du principe que mon appareil personnel est espionné". Et il invite tous ses collègues à appliquer cette mesure de, disons, salubrité numérique.

D'autres politiques de tous les pays concernés

La mésaventure de Liz Truss en rappelle beaucoup d'autres. Hillary Clinton, l'ancienne candidate à la présidentielle américaine, sous le coup d'une enquête pour avoir échangé des informations confidentielle depuis sa boîte mail privée. Souvenez-vous aussi, Emmanuel Macron, visé par le logiciel espion Pegasus. Révélations du journal Le Monde, l'an dernier. On a appris à cette occasion que le chef de l’État utilisait toujours un portable personnel, bien moins protégé que les appareils cryptés mis à disposition par les services techniques. Certes, mais ces téléphones cryptés sont plus lents, plus difficiles à utiliser, moins pratiques.
C'est ce qu'expliquent, en privé, nombre de ministres. Comme s'ils n'avaient pas perçu l'immense risque de cyber-espionnage, partout et tout le temps. Comme si, en fait, les technologies avaient évolué plus vite que nos politiques. D'ailleurs, l'on évoquait le Royaume-Uni, un autre scandale couve.

D'après la BBC, l'actuelle ministre de l'Intérieur, Suella Braverman, a admis avoir fait transiter des documents confidentiels sur son téléphone personnel et sur son e-mail privé. Elle a adressé ses excuses au chef du gouvernement Rishi Sunak. Mais l'opposition dénonce une perte de crédibilité et réclame sa démission. Un email envoyé depuis le mauvais compte peut vous coûter cher.

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