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Futur avion de combat franco-allemand : un premier vol en 2026

Les députés allemands ont validé mercredi soir le déblocage de 77 millions d'euros, afin de lancer les études nécessaires à la fabrication du prototype du futur avion de combat franco-allemand. Ce vote lève les inquiétudes françaises, alors que le premier vol est attendu pour 2026.

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Présentation d\'une maquette en taille réelle du futur New generation fighter franco-allemand, au Salon de l\'aéronautique et de l\'espace au Bourget le 17 juin 2019
Présentation d'une maquette en taille réelle du futur New generation fighter franco-allemand, au Salon de l'aéronautique et de l'espace au Bourget le 17 juin 2019 (GUILLAUME GEORGES / MAXPPP)

Direction Berlin, plus précisément le 1 place de la République. Qui est l'adresse du Bundestag, le Parlement allemand, dont les membres de la commission du Budget ont hier a validé le déblocage de 77 millions d'euros afin de lancer les études en vue de la fabrication du NGF (New generation fighter), qui est le socle du SCAF.

NGF et SCAF 

Le NGF, c'est l'avion de combat du futur, qui doit remplacer le Rafale français et l'Eurofighter allemand à partir de 2040. Ce sera un chasseur, dont la maquette grandeur nature avait été dévoilée lors du Salon aéronautique du Bourget en 2019. Ce chasseur est l'élement central du SCAF, le Système de combat aérien du futur : le SCAF, ce sera un ensemble avion + missiles + drones. Pour passer de la montre à la montre connectée, il fallait ce vote des parlementaires allemands, et ça se décidait maintenant, puisqu'un prototype est censé voler en 2026...

Les députés allemands ont fait traîner...

Pas seulement eux. Les industriels allemands ont d'abord ronchonné contre les industriels français, qu'ils jugeaient trop dominants, puis les industriels allemands se sont embrouillés entre eux pour savoir qui faisait quoi dans l'avion, et les parlementaires allemands, eux, renâclaient parce qu'ils voulaient plus de garanties pour leurs industriels. Sans oublier que la chose ne fait pas consensus outre-Rhin, puisqu'une partie des politiques hier ont encore voté contre les crédits de développement du SCAF...

...et obtenu des garanties

Ils ont obtenu d'être leaders sur un autre projet d'armement commun : le MGCS, Main ground combat system, c'est-à-dire le char de combat du futur. Les parlementaires allemands ont voté hier une résolution indiquant que les deux projets devaient avancer en parallèle. Sous réserve, petite perfidie qui se dit à Paris, que les industriels allemands se mettent, là aussi, d'accord entre eux d'abord.

Ces deux projets sont en fait assez symboliques des relations franco-allemandes : il y a la nécessité de s'entendre, sinon, Français et Allemands seront obligés d'acheter américain au moment de renouveler leurs flottes de chasseurs.

Conceptions différentes

Et puis symboliquement, il faut pouvoir afficher le label "défense européenne".
Alors que les deux pays n'ont rien en commun : pas la même doctrine militaire, pas la même façon d'engager des troupes, et même pas la même vision d'un même matériel. Par exemple, le projet de drone franco-allemand signé en 2013 : la France voulait un drone monomoteur, simple, efficace et pas trop cher. Les Allemands voulaient un drone bimoteur et l'ont obtenu, ce qui a entraîné des bisbilles, des retards, des coûts supplémentaires. Et un drone toujours pas opérationnel. 

Présentation d\'une maquette en taille réelle du futur New generation fighter franco-allemand, au Salon de l\'aéronautique et de l\'espace au Bourget le 17 juin 2019
Présentation d'une maquette en taille réelle du futur New generation fighter franco-allemand, au Salon de l'aéronautique et de l'espace au Bourget le 17 juin 2019 (GUILLAUME GEORGES / MAXPPP)