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En Irak, la répression s’accentue sur les manifestants et des roquettes touchent les Américains

La planète tourne et nous nous posons ce matin à Bagdad, en Irak. 

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Des manifestants face aux forces de l\'ordre sur une place de Bagdad, en Irak, le 27 janvier 2020
Des manifestants face aux forces de l'ordre sur une place de Bagdad, en Irak, le 27 janvier 2020 (AHMAD AL-RUBAYE / AFP)

Pour la première fois depuis l’invasion de l’Irak par les Américains en 2003, Washington a demandé aux autorités irakiennes de les aider à protéger leur ambassade. Bien sûr, la demande est surtout symbolique. La situation est tellement tendue en ce moment qu’une salve de trois roquettes a pu être tirée  dimanche soir sur l’immense bâtiment américain, situé dans la zone verte…. C’est-à-dire le long du Tigre, le fleuve qui parcourt la ville.   L’une des roquettes a touché la cafétéria à l’heure du dîner, et un soldat a été blessé. Evidemment, les Américains vont eux-mêmes renforcer leur dispositif, mais ce qu’il faut lire, c’est le chaos qui s’installe.  

Des manifestations contre le pouvoir depuis octobre 2019    

Au début, c’était un mouvement de jeunes contre le chômage. Puis c’est devenu une manifestation globale et permanente, avec des occupations de places dans plusieurs grandes villes, contre le pouvoir. Depuis, c’est eux contre les politiques. Eux, des Irakiens de tous âges et toutes confessions religieuses, mais surtout des jeunes, qui veulent un pays libéré de l’occupation américaine, de l’influence iranienne et de la corruption. Ils veulent un pouvoir libre et  un pays indépendant. Sauf que le pouvoir a décidé d’y mettre fin. La répression a franchi une nouvelle étape : des forces anti-émeutes entre dans les sit-in et tirent, incendient et délogent les occupants. 21 manifestants ont étés tués en une semaine.  

Autre coup dur pour les manifestants : le ralliement au pouvoir d’un des grands leaders chiites  

Moqtada Al Sadr est probablement le plus puissant chef politique chiite. Il soutenait bruyamment la contestation. Mais il vient de décider de demander à  ses troupes à quitter les lieux d’occupation. Son calcul, c’est qu’il faut exiger uniquement le départ immédiat des Américains, et sans doute négocier une partie des postes au gouvernement. Certes, ses militants les plus obéissants ont quitté les lieux dimanche et hier. Mais son pari est risqué : de très nombreux jeunes pauvres chiites du pays y ont vu une trahison, et, pour la première fois, ont appelé à ne plus le suivre ni l’écouter, et à intensifier le mouvement. L’Irak se déchire. La volte-face de Moqtada al Sadr est le blanc-seing qu’attendaient les forces de l’ordre pour réprimer.  

Des manifestants face aux forces de l\'ordre sur une place de Bagdad, en Irak, le 27 janvier 2020
Des manifestants face aux forces de l'ordre sur une place de Bagdad, en Irak, le 27 janvier 2020 (AHMAD AL-RUBAYE / AFP)