Covid-19 : la Russie débordée, Moscou impose un confinement partiel

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La Russie n'en a pas fini avec le Covid-19. Face au bilan désastreux de la pandémie (le nombre de contaminations et de morts explose), les autorités resserrent la vis.

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Radio France
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Un militaire du ministère russe des Urgences désinfecte le terminal ferroviaire de Kievsky à Moscou (Russie). (ALEXANDER NEMENOV / AFP)

Les habitants de Moscou de plus de 60 ans qui ne sont pas vaccinés vont devoir rester confinés quatre mois ; le télétravail devient obligatoire dans les entreprises et les administrations pour un salarié sur trois, au minimum : la Russie impose de nouvelles restrictions sanitaires dans la capitale. D'ici le premier janvier, ce ne sont plus 60% mais 80% des employés du secteur des services qui devront être vaccinés s'ils veulent garder leur emploi.

Moscou, la capitale russe, reste le principal foyer de contamination mais c'est toute la Russie qui subit la reprise de l'épidémie. Le variant delta est responsable de nouveaux records battus chaque jour. Le bilan officiel fait état de plus de 225 000 morts, c'est déjà le plus lourd en Europe. Il serait en réalité deux voire trois fois plus élevé.

Pour ralentir la progression de la maladie, le Kremlin envisage, comme il l'avait déjà fait en juin, une semaine chômée au niveau national dès la fin du mois.

Ces mauvais chiffres s'expliquent d'abord un taux de vaccination très faible : 35% seulement de la population a eu ses deux doses. La Russie se classe au 86e rang mondial, entre le Surinam et le Laos. À titre de comparaison, en Europe on est à 74% en moyenne. Les Russes sont très méfiants vis-à-vis du vaccin national, Spoutnik V, et le gouvernement commence à peine à tenir un discours d'injonction, à faire appel à la responsabilité collective.

Le pays a été l'un des premiers au monde à mettre au point un vaccin, mais le Kremlin en a immédiatement fait un élément de propagande nationale et internationale, il a transformé un instrument sanitaire en instrument politique. C'était une erreur stratégique, la population s’est sentie piégée. Par ailleurs, l’Agence européenne du médicament et l’OMS n’ont toujours pas homologué le Spoutnik V, ça n'a pas fait remonter le capital-confiance.

Résurgence de l'épidémie dans toute la région

La deuxième explication, c'est l'absence de restrictions ou de confinements. Les autorités ont tout fait pour les imposer en dernier recours de peur d'affaiblir encore une économie déjà fragile. Il n'y en a pas eu depuis l'été 2020, ce n'est que très récemment que plusieurs régions ont réintroduit le pass sanitaire, mesure par ailleurs très impopulaire. Il s'agissait aussi de ne pas braquer la population avant les élections de septembre.

Il n'y a pas que la Russie. En Ukraine, en Roumanie, en Bulgarie, la situation est à peu près similaire, ces trois pays font face à une importante résurgence de l'épidémie.

Avec une conséquence particulière pour la Russie : la surmortalité liée au Covid-19 y  accentue en effet le déclin démographique massif, sujet d'obsession pour Vladimir Poutine qui tente d'enrayer cet effondrement depuis qu'il est au pouvoir. Le pays, qui compte aujourd'hui 145 millions d'habitants, n'a jamais perdu autant d'habitants en temps de paix : un million de décès sur un an (en comptant les morts du Covid et tous les autres).

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