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Bachar Al-Assad, 20 ans de pouvoir en Syrie et aucune raison de se réjouir

Le président Bachar Al-Assad devait fêter cette semaine les 20 ans de son accession au pouvoir. Sauf qu’après neuf années de guerre, rien ne va plus pour le régime.

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Une manifestation de soutien à Bachar Al-Assad le 11 juin 2020 à Damas.
Une manifestation de soutien à Bachar Al-Assad le 11 juin 2020 à Damas. (LOUAI BESHARA / AFP)

Il ne suffit pas de gagner une guerre pour avoir la paix. C’est ce que doit se dire le soir le président syrien Bachar Al-Assad. Tout va de mal en pis depuis que son régime a été sauvé de justesse par l’inaction occidentale et l’aide des Russes et des Iraniens. Il pensait sans doute pouvoir fêter en grande pompe les vingt années d’une présidence qu’il n’a fait qu’hériter d’un autre dictateur, son père.  

Jeudi, Bachar a dû limoger son Premier ministre, à quelques semaines d’élections législatives qu’il contrôle déjà. Il fallait absolument faire quelque chose pour montrer qu’il est conscient de la crise que traversent les Syriens. En quelques mois, la livre syrienne s’est effondrée. Il faut au marché noir 3 000 livres pour un dollar, quand le cours officiel est à 700.  

La crise économique n’est que l’une des raisons de la panique qui semble gagner le pouvoir 

S’il n’y avait que ca…. Le prix des aliments a augmenté de 133% en un an. Et près de 10 millions de Syriens vivent dans un état d’insécurité alimentaire. Le blocus financier imposé par les Américains rend les transactions impossibles, et le monde des affaires internationales ne peut pas et ne veut pas investir. Même le clan familial se déchire. Au sein de la communauté alaouite qui dirige le pays, Bachar doit faire face à la fronde de son cousin, l’un des hommes les plus riches du pays. Rami Makhlouf multiplie les déclarations sur les réseaux sociaux. Il accuse le président de geler ses avoirs personnels pour le réduire au silence.  

Pire encore. Les alliés se détournent. L’Iran et la Russie, à qui il doit sa survie, ne mâchent plus leurs mots pour le critiquer, et surtout, ont d’autre problèmes à régler chez eux. Or sans Téhéran et Moscou, Bachar Al- Assad ne peut pas contenir les derniers bastions de révolte armée.  

Bachar Al-Assad peut-il tenir encore ? 

Bachar Al-Assad reste puissant, parce qu’il fait peur et utilise une violence inouïe, technique héritée de son père, contre toute forme d’opposition. Mais la contestation reprend. Même dans des endroits du pays qui ont subi le pire de la guerre. De petits groupes de quelques dizaines de personnes ont bravé les interdits dans le sud du pays pour dénoncer les pénuries.  

Et Il en faut, du courage, pour manifester dans une zone contrôlée par un régime, dont la brutalité a tué près de 400 000 personnes en 9 ans et jeté un million de réfugiés sur les routes.

Une manifestation de soutien à Bachar Al-Assad le 11 juin 2020 à Damas.
Une manifestation de soutien à Bachar Al-Assad le 11 juin 2020 à Damas. (LOUAI BESHARA / AFP)