Alerte à la pénurie... de Pères Noël au Canada et aux États-Unis

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Va-t-on manquer de Pères Noël ? C'est la question que se posent très sérieusement les États-Unis et le Canada à la veille des fêtes de fin d'année.

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Radio France
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Un Père Noël avec deux enfants dans un magasin Cabela's aux États-Unis, en novembre 2020. (MEDIANEWS GROUP/READING EAGLE VI / MEDIANEWS GROUP RM via GETTYIMAGES)

Les galeries commerciales, les grands magasins et les agences d'événementiel s'arrachent les cheveux. Depuis plusieurs mois déjà il est devenu quasiment impossible de trouver aux États-Unis et au Canada des acteurs disponibles pour jouer Santa Claus. La demande explose, mais l'offre manque.

Les figurants les plus réalistes, à l'âge et à l'embonpoint respectables, cochent souvent les cases de toutes les comorbidités possibles, IMC élevé, diabète... Ils sont fragiles et n'ont pas très envie de s'exposer au Covid-19. Le Père Noël n'est pas plus protégé que vous contre le virus ! Un certain nombre d'entre eux a préféré raccrocher le manteau et partir en retraite anticipée.

Quand d'autres sont morts. Mitch Allen, le fondateur de Hire Santa, une société basée au Texas qui aide les clients à réserver des pères Noël dans tout le pays, estime que "plus de 335 pères Noël sont morts cette année" à cause du coronavirus et d'autres maladies. Les plus jeunes, c'est un peu pareil car ça ne leur dit pas trop de se coltiner pendant des heures des enfants non vaccinés, qui vont leur postillonner dessus pour leur réclamer une PlayStation et tirer sur leur barbe.
Bref, chez les Pères Noël comme ailleurs, il y a pénurie de main d'œuvre. C'est vrai aux États-Unis comme au Canada, où plus de 800 000 postes ne trouvent pas preneurs, principalement dans la restauration rapide, les usines textiles ou le transport routier.

Pénurie de costumes

Ce n'est pas une question de salaire : un Père Noël est rarement payé moins de 30 dollars de l'heure, et les plus expérimentés en demandent 150. La solution, pour les particuliers, ce serait sans doute de recruter un ami ou un collègue. D'acheter ou de louer une tenue dans un magasin de location de costumes, et en avant Guingamp ! Mais ça non plus ça n'est pas possible car là aussi il y a pénurie. Le Covid a perturbé les cicuits d'approvisionnement : les conteneurs qui arrivent maintenant de Chine sont ceux qui auraient du arriver au mois d'août. Les costumes rouge et blanc sont encore en mer. Forcément une tenue de Père Noël qui arrive en janvier ou en février, ça a moins d'intérêt.

Briser les stéréotypes

Comme le suggère le Washington Post, il est peut-être temps de revoir notre conception du Père Noël, de sortir des clichés. Pourquoi pas une Mère Noël qui pourrait dire que son mari est très occupé ? Un Père Noël sourd ? Un Père Noël qui parle une langue étrangère ? Un Père Noël fringuant avec des cheveux qui n'ont pas eu le temps de blanchir ?

Ou un Père Noël noir ? La chaîne de magasin Old navy, qui vient de lancer une formation express au Père Noël sur internet, explique à CNN que "moins de 5% de tous les Pères Noël professionnels aux États-Unis s'identifient comme des personnes de couleur, alors que près de la moitié des enfants de moins de 15 ans eux s'identifient comme non-blancs". Il est temps d'ouvrir le secteur à la diversité.

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