À Madagascar, un vol de bétail tourne au drame

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32 personnes ont été tuées par des hommes armés qui ont rassemblé leurs victimes dans des maisons auxquelles ils ont mis le feu. Un choc pour la population de cet État déjà confrontée à la violence et la misère. 

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Radio France
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Un troupeau de zébus à Madagascar. (RIJASOLO / AFP)

Difficile d’imaginer qu’un simple vol de zébus dans un village malgache puisse provoquer un tel massacre. Et pourtant c’est bien ce qui a eu lieu vendredi 29 juillet à 75 kilomètres de la capitale Antananarivo, dans un hameau d’une douzaine de maisons aux toits de chaume. Bilan 32 morts et trois blessés en soins intensifs. Le président de Madagascar Andry Rajoelina a publié dimanche – trois jours après le drame –un message promettant de retrouver et de punir les malfrats. Des hélicoptères de l’armée sont déployés pour aider les troupes au sol à localiser les suspects. Les criminels désormais traqués par le gouvernement malgache seraient une douzaine. 

Sur place, les voleurs de bétail sont connus sous le nom de Dahalo. Ce groupe ethnique pauvre du sud de Madagascar pratique traditionnellement le vol de bétail. Une coutume destinée à fournir une dot à la famille d’une future épouse. C’est également une sorte de rite pour les jeunes hommes censés entrer dans l’âge adulte.

Mais cet usage d’abord marginal s’est transformé depuis un demi-siècle en un business lucratif et parfois sanguinaire. En 2012, un ancien garde présidentiel de l’ex-chef de l’État Didier Ratsiraka a été accusé d’avoir volé 3 000 têtes de bétail. Il avait formé un groupe armé de Kalachnikov qui semait la terreur dans les campagnes. Les vols de bétail à Madagascar continuent de provoquer régulièrement des affrontements meurtriers.

Un enjeu pour la population locale 

Le prix d’un zébu peut représenter un an de revenu pour un paysan malgache, dans un pays classé parmi les plus pauvres du monde. La situation économique et sécuritaire se dégrade depuis bien longtemps dans l’ancienne colonie française. La corruption, les rivalités ethniques, les crises politiques et souvent la mauvaise gouvernance empêchee le pays de décoller. Des fléaux auxquels s’ajoutent les cyclones et la sécheresse, les pouvoirs publics n’y apportant guère de réponse. Le tourisme a été très affecté par l’épidémie de Covid, et désormais c’est l’inflation -conséquence lointaine de la guerre en Ukraine - qui pèse sur l’économie malgache.

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