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A Hong-Kong, la contre-révolution chinoise

La planète tourne et ce matin nous posons encore le doigt en Chine, mais à Hong Kong. Mardi en effet nous parlions de commémorations de la Révolution à Pékin, mais dans la journée, de nouvelles émeutes ont éclaté à Hong-Kong, devenue l’épine dans le pied de l’Empire de Xi Xingping.

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Un manifestant pro-démocratie fait face à la police, le 1er octobre 2019 à Hong Kong.
Un manifestant pro-démocratie fait face à la police, le 1er octobre 2019 à Hong Kong. (ISAAC LAWRENCE / AFP)

Est ce que vous savez ce que veut dire "Hong Kong" ? "Le port parfumé". L'autre nom, officiel, c'est SAR, l’acronyme de Région Administrative Spéciale, ce qui est le statut officiel de Hong Kong depuis 1997. Et c’est le coeur du problème. Et ce qui fait que les manifestations ne cessent pas, et que la contestation s’amplifie de semaines en semaines : mardi, elles ont été particulièrement violentes, avec 180 arrestations et des tirs à balle réelle. En 1997 au termes d’années de négociations, les Britanniques qui occupent Hong Kong depuis 1841, acceptent d’en redonner la souveraineté à la Chine, mais avec des réserves dans l’accord.  

Concrètement, Pékin assume la diplomatie et la défense. Mais c’est tout : dans la déclaration, enregistrée au Nations Unies, la ville conserve, je cite "un Haut degré d’autonomie" avec son propre système judiciaire, législatif et exécutif. C’est le fameux principe "Un pays, deux systèmes", qui est prévu pour durer jusqu’en 2047. Soit deux ans avant les 100 ans de la révolution chinoise, où Pékin veut absolument avoir réuni tout son territoire.  

Mais si tout est prévu, pourquoi ce mouvement de colère depuis le début de l’été ?

 

A Hong Kong, on tient au droit de circuler, de commercer, de faire des affaires : ce qui est absolument interdit sur le continent chinois. Les habitants de Hong Kong ont peur : à chaque fois que Pékin le peut, elle rogne sur les libertés. Notamment en matière judiciaire, et c’est ce qui a déclenché les émeutes. Un projet de loi qui permettait les extraditions vers la Chine, c’est à dire vers les prisons chinoises. 

Mais le président chinois fait attention. Mardi encore il déclarait  qu’il voulait respecter le statut de Hong Kong. Parmi les nombreuses raisons qui font que l’armée chinoise n’intervient pas, il y en a deux, essentielles : d’abord le monde entier voit les images. Ensuite, de nombreux milliardaires chinois influents auprès du Parti y ont placé leur fortune. On ne détruit pas facilement son propre coffre-fort.  

Un manifestant pro-démocratie fait face à la police, le 1er octobre 2019 à Hong Kong.
Un manifestant pro-démocratie fait face à la police, le 1er octobre 2019 à Hong Kong. (ISAAC LAWRENCE / AFP)