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Le monde de Marie. L'Irlande se déchire toujours sur l'avortement

Tous les jours, Marie Colmant revient sur un sujet passé (presque) inaperçu. Lundi, le prochain referendum sur l'avortement qui va avoir lieu en Irlande. Pays où il reste interdit.

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Manifestation pour la légalisation de l\'avortement à Dublin (Irlande), le 30 septembre 2017.
Manifestation pour la légalisation de l'avortement à Dublin (Irlande), le 30 septembre 2017. (PAUL FAITH / AFP)

Vendredi 25 mai, l’Irlande se prononcera par référendum sur la légalisation de l’avortement, une consultation qui s’annonce historique tant les deux camps sont divisés

Comme le soulignait d’ailleurs, un romancier irlandais, Patrick McCabe, dans les colonnes du quotidien britannique The Guardian, ce référendum est de nature à provoquer un tremblement de terre en Irlande, comparable à l’élection de Trump aux Etats-Unis ou au Brexit. Quel rapport ? Une histoire de classes sociales qui s’opposent : d’une part, l’Irlande des campagnes, très attachée à la tradition catholique, et qui voit d’un très mauvais œil cette libéralisation qui pourrait en amener d’autres, et d’autre part une élite urbaine et la presse, libérales, accusées de mépriser les premiers et leurs arguments rétrogrades.

La santé des femmes mise en avant

Détail intéressant, les partisans de la légalisation ont recours aux mêmes arguments sanitaires que notre Simone Veil qui défendait le droit à l’avortement en mettant en avant la santé des femmes. Face à eux, des opposants super déterminés qui soutiennent le droit à la vie de l’embryon, au même titre que celui de la mère. Une position radicale qui ne souffre aucune exception, ni pour les victimes de viol, ni même en cas de mise en danger pour la vie de la mère. Un principe qui amena, en 2013, à la mort d’une jeune femme enceinte dans un hôpital irlandais qui lui refusait un avortement thérapeutique.

Depuis, l’étau s’est un poil desserré avec l’autorisation pour les Irlandaises qui peuvent se le permettre – comptez 1 200 euros environ – de se rendre, le plus souvent en cachette, en Angleterre, où la procédure est autorisée. Sans aucune assurance de suivi médical pour le cas où ça ne se passerait pas bien. Pour celles qui ne le peuvent pas, c’est la débrouille et tous ses dangers auxquels les partisans du oui veulent mettre un terme.

Aujourd’hui la débrouille passe par internet et l’achat de remèdes parfois fantaisistes, parfois franchement dangereux pour la santé, des concoctions de plantes aux pilules abortives de toutes sortes. Ce n’est pas seulement la santé des femmes qui est en jeu dans ce référendum, la levée de l’interdiction de l’avortement mettrait aussi un terme aux 14 ans de prison encourus par les femmes prises en flag. Pour le moment rien n’est gagné.

Manifestation pour la légalisation de l\'avortement à Dublin (Irlande), le 30 septembre 2017.
Manifestation pour la légalisation de l'avortement à Dublin (Irlande), le 30 septembre 2017. (PAUL FAITH / AFP)