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Le monde de Marie. En Russie, les Cosaques appelés à la rescousse pour sécuriser la Coupe du monde

Tous les jours, Marie Colmant revient sur un sujet passé (presque) inaperçu. Mardi, le recours aux Cosaques pour la Coupe du monde, des formations paramilitaires déjà mobilisées pour les Jeux de Sotchi en 2014.

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(MAXIM ZMEYEV / AFP)

La Coupe du monde en Russie pose quelques problèmes de sécurité. Pour mieux les pallier, la police russe a décidé de s’adjoindre les services des Cosaques. L’annonce en a été faite par des officiels de la région de Rostov-sur-le-Don, quelques jours avant la manifestation anti-Poutine déclenchée par Alexei Navalny, le principal opposant au président Poutine. Samedi 5 mai, les Cosaques étaient là, aux côtés de la police pour contrer les manifestants.

De Michel Strogoff aux hooligans

Les Cosaques sont faciles à reconnaître. Au-delà de leur traditionnel bonnet en astrakhan, ce sont les types qui se fraient un chemin à coups de fouet. Oui, à coups de fouets, ou de bâton. C’est la Garde nationale, chargée de la sécurité pour la Coupe du monde de football, qui a sollicité l’ataman, le chef des Cosaques, un ex du FSB, les services secrets russes. Ça tombe bien. Les Cosaques, ces bataillons de cavaliers qui enchantèrent l’imagination de Jules Verne du temps où il écrivait Michel Strogoff, mais qui, restons sur Terre, s’illustrèrent tout au long de l’histoire russe pour leurs services rendus aux tsars, en forme de coups de force. Et qui seront ici chargés plus particulièrement de contenir la violence des hooligans russes qu’on a vus à l’œuvre sur la Canebière il y a deux ans. A coups de fouet.

Des supplétifs pro-Poutine

Les Cosaques vivent un retour en grâce, depuis quelques années, par la volonté du Kremlin qui les requiert assez régulièrement. Parfois pour donner le coup de main à la police en traquant les sans-papiers. Ces derniers temps, les Cosaques ont aussi effectué quelques descentes dans des galeries d’art qui exposaient des œuvres qui ne leur plaisaient ou dans des théâtres, qui présentaient des pièces blasphématoires. On les a vus aussi en Ukraine, joue à joue avec les paramilitaires russes.

Le Cosaque fait aussi dans la chasse à l’opposant, comme les Pussy Riot, traquées par des Cosaques alors qu’elles projetaient une performance aux Jeux olympiques de Sotchi en 2014. Alexei Navalny en sait quelque chose, lui qui supporta une véritable attaque de Cosaques dans une ville du sud de la Russie, où il tentait de rassembler ses militants en mai 2016. Finalement, en Russie rien n’a changé, les Cosaques sont toujours au service du tsar.

(MAXIM ZMEYEV / AFP)