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Le monde de Marie. Aux États-Unis, les enfants des familles de clandestins séparés de leurs parents et livrés à eux-mêmes

Tous les jours, Marie Colmant revient sur un sujet passé (presque) inaperçu. Aujourd'hui, une disposition de la loi séparant enfants et parents clandestins aux États-Unis.

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Migrants d\'Amérique centrale au Texas, après avoir franchi de manière illégale la frontière avec le Mexique, en février 2018.
Migrants d'Amérique centrale au Texas, après avoir franchi de manière illégale la frontière avec le Mexique, en février 2018. (JOHN MOORE / GETTY IMAGES)

Il l’avait promis et il le fait, le président Trump s’est donné pour mission de traquer les clandestins. Le débat ne cesse de prendre de l'ampleur aux Etats-Unis autour d'une disposition de la loi qui consiste dorénavant, au moment de l'arrestation des familles de clandestins, à séparer les enfants des parents. Depuis la semaine dernière, des images terribles abondent sur les réseaux sociaux. Ces images montrent des enfants de tous âges, y compris des tous petits, jusqu'à un bébé de 18 mois, partir seuls, encadrés par la police des frontières vers un centre de rétention pour mineurs sous les yeux de leurs parents, détruits, qui eux iront directement en prison. 

Le sensationnel ministre de la Justice Jeff Sessions, qui avait quitté le Ku Klux Klan car "ça n'était qu'une bande de fumeurs de joints avachis", s'abrite derrière le fait que cette disposition a toujours existé. Elle remonterait au temps de Barack Obama mais n'aurait été jamais été appliquée. Une fausse allégation. 

Près de 1 500 enfants perdus dans la nature

Ces rétentions d'enfants ont soulevé un autre problème encore plus scandaleux, révélé le 26 avril par le département de la santé et des services américain (HHS) qui s'occupe justement des centres de rétention pour mineurs sans papiers. Sur les 7 635 enfants retenus l'année dernière, 1 475 d'entre eux se sont évanouis dans la nature. La plupart d'entre eux ont été raccompagnés à la frontière mexicaine comme si de rien n'était, avant d'être relâchés, seuls. Sans se préoccuper de savoir où ils allaient échouer, ou s’ils étaient menacés de quelque façon.

Pourtant, la menace de tomber entre les mains des cartels mexicains n'est pas vaine. Certains républicains, pourtant rangés derrière cette loi, se sont émus de ce qu'ils considèrent comme un manque cruel de sens moral. 

Cela ne semble pas avoir touché Ivanka Trump. La fille du président américain a posté, sans complexe, il y a 48 heures, une photo d'elle câlinant son fils de 18 mois, dans ses bras, légendée en y ajoutant le hashtag #DimancheMatin. 

Migrants d\'Amérique centrale au Texas, après avoir franchi de manière illégale la frontière avec le Mexique, en février 2018.
Migrants d'Amérique centrale au Texas, après avoir franchi de manière illégale la frontière avec le Mexique, en février 2018. (JOHN MOORE / GETTY IMAGES)