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Le monde de Marie. Au Brésil, une conseillère municipale de Rio qui dénonçait la violence tuée de plusieurs balles dans la tête

Tous les jours, Marie Colmant revient sur un sujet passé (presque) inaperçu. Lundi, l'assassinat de Marielle Franco, conseillère municipale de Rio.

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Marielle Franco, conseillère municipale de Rio, le 28 novembre 2017 à Rio de Janeiro (Brésil). 
Marielle Franco, conseillère municipale de Rio, le 28 novembre 2017 à Rio de Janeiro (Brésil).  (MARIO VASCONCELLOS / RIO DE JANEIRO MUNICIPAL CHAMBER)

Depuis la fin de la semaine dernière, des dizaines de milliers de Brésiliens sont sortis dans la rue pour manifester leur colère et leur tristesse après l’assassinat mercredi 14 mars de Marielle Franco. Elle était conseillère municipale de Rio depuis près de deux ans, où elle militait activement au sein du PSOL (parti du socialisme et de la liberté), un nouveau parti de gauche pour prendre la relève du Parti des travailleurs de Lula, en chute libre après les accusations de corruption.

Le 14 mars, Marielle Franco sort d’un vernissage d’un collectifs d’artistes, monte dans sa voiture, et sera fauchée quelques instants plus tard, par une rafale de neuf balles, dont quatre viendront se loger dans sa tête.  Le lendemain, des dizaines de milliers de Brésiliens descendent dans la rue, à Rio, bien sûr, où ont lieu ses funérailles, mais aussi dans toutes les grandes villes du pays. Bravant ainsi l’armée qui occupe désormais la capitale depuis un mois, sur ordre présidentiel. Une occupation qui réveille des souvenirs pénibles dans ce pays libéré d’une dictature militaire en 1985.

La voix des favelas

Marielle Franco était l’espoir d’une nouvelle génération politique. Elle avait dénoncé haut et fort cette décision présidentielle, dans laquelle elle voyait un dangereux retour en arrière, mais elle dénonçait aussi inlassablement les policiers corrompus, les milices ultra-violentes qui restauraient l’ordre dans les favelas, en utilisant des balles réelles et en se foutant pas mal des victimes collatérales. Une réalité que Marielle Franco connaissait par cœur, puisque cette jeune femme noire de 38 ans était née dans la favela de Maré, qui abrite aujourd’hui près d’un quart de la population carioca.

Elle s’en était sortie par le haut, en travaillant, en faisant des études, et en s’engageant. Et croyait dur comme fer à la possibilité de former des nouvelles élites au sein des favelas, des gens comme elle, femme, noire et lesbienne, dans une société brésilienne encore très raciste. Le député pour qui elle travaillait a déclaré que Mariella Franco était l’espoir d’une nouvelle génération politique. Vendredi dernier, les examens balistiques révèlaient que les balles qui ont tué Marielle Franco provenaient d’armes utilisées par la police.   

Marielle Franco, conseillère municipale de Rio, le 28 novembre 2017 à Rio de Janeiro (Brésil). 
Marielle Franco, conseillère municipale de Rio, le 28 novembre 2017 à Rio de Janeiro (Brésil).  (MARIO VASCONCELLOS / RIO DE JANEIRO MUNICIPAL CHAMBER)