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Le monde de Marie. Au Brésil, un championnat de foot gay et trans déjoue les clichés homophobes

Tous les jours, Marie Colmant revient sur un sujet passé (presque) inaperçu. Mardi, la Champions LiGay, au Brésil, qui voit s’affronter des équipes de football dont tous les joueurs sont gay ou transexuel.

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Banderole arc-en-ciel à Sao Paulo (Brésil), en juin 2017.
Banderole arc-en-ciel à Sao Paulo (Brésil), en juin 2017. (MIGUEL SCHINCARIOL / AFP)

Au Brésil, un nouveau championnat de football est né il y a un mois, la Champions LiGay do Brasil. La LiGay est la première ligue brésilienne qui voit s’affronter des équipes de football dont tous les joueurs sont gay ou trans. Et ça se passe à Rio de Janeiro, au Brésil, pays sacré du foot où ce sport est aussi synonyme de virilité. Mais aussi d’hétérosexualité.

En 2013, par exemple, le joueur professionnel Emerson Sheik postait sur Instagram une photo de lui embrassant un autre homme, ce qui lui valait une bordée d’insultes homophobes sur les réseaux. Avant ça, en 2007, un autre joueur professionnel qui avait porté plainte contre son entraîneur pour avoir insinué lors d’une interview télévisée qu’il était gay, s’est vu débouté par un juge qui a considéré que "le football était masculin, viril et donc hétérosexuel".

Une attitude pas tellement gay friendly qui avait suffi à freiner les vocations chez les joueurs gays. Jusqu’en mai dernier où, à l’initiative d’une association LGBT fan de foot, le premier club gay est créé à Rio, il s’appelle le BeesCats Soccer Boys. Le premier jour d’entraînement, quinze spectateurs ont fait le déplacement. Au quatrième jour, ils sont 150 à assister à l’entraînement.

Des équipes qui manquent de soutien

Six mois, après la naissance de ce premier club, on compte aujourd’hui 16 clubs de foot gay au Brésil, tous composés de joueurs gay ou trans. Mieux encore, les BeesCats de Rio ont rejoint le championnat amateur de Rio. Fait marquant, ils ont été très bien accueillis par les organisateurs. Sur Facebook en revanche, la nouvelle de leur participation a soulevé quelques commentaires hostiles voire même des menaces de mort. Ce qui n’intimide pas plus que ça les joueurs gays, qui se voient comme les joueuses de foot qui, elles aussi, ont mis du temps à se faire accepter.

Le seul vrai problème de la LiGay, c’est l’absence de ses supporters. Il y a quelques mois, en effet, une banderole arc-en-ciel déployée dans un stade avait suscité des bagarres. Difficile dans ces conditions de venir soutenir une équipe gay sans prendre le risque de se faire casser la figure. Pour le moment.

 

Banderole arc-en-ciel à Sao Paulo (Brésil), en juin 2017.
Banderole arc-en-ciel à Sao Paulo (Brésil), en juin 2017. (MIGUEL SCHINCARIOL / AFP)