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Omar Sy : "Mon rêve il est simple, si je peux continuer à vivre celui-là c’est très bien"

Tous les jours , une personnalité s'invite dans le monde d'Elodie Suigo et se confie. Aujourd'hui, l'acteur Omar Sy.

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L\'acteur Omar Sy le 10 octobre 2016 à Berlin.
L'acteur Omar Sy le 10 octobre 2016 à Berlin. (BRITTA PEDERSEN / DPA)

Yao sort mercredi 23 janvier en salles. L’histoire se déroule au Sénégal. Yao, un jeune garçon de 13 ans est prêt à tout pour rencontrer son héros Seydou Tall, un célèbre acteur Français. Le rôle de Seydou Tall c’est Omar Sy qui l’interprète. Personnalité préférée des Français en 2016, Omar Sy joue un rôle qui lui colle à la peau, un rôle qui dépasse celui qu’il connaît si bien d’habitude car cette fois-ci c’est sur la terre de ses ancêtres que l’on découvre un Omar Sy débordant de bons sentiments.

Entre découverte de soi et découverte culturelle, Yao nous emporte vers un dépaysement total et ça fait du bien. Dans son film, Philippe Godeau nous parle de paternité et ça Omar Sy en connaît un rayon, car il est père de cinq enfants : "La paternité ça me met dans deux positions finalement, ça me met moi en tant que fils et moi en tant que père donc ça rejoint la réalité à plusieurs niveaux, à plusieurs endroits."

Un retour à son héritage culturel, hérité de son père

Pays d’origine de son père, le Sénégal est important pour Omar Sy tout comme ses parents qui lui ont inculqué de nombreuses valeurs, comme la valeur du travail. "Ce voyage qu’a fait mon père jusqu’ici en France, et finalement d'y rester, c’était pour nous proposer autre chose, nous proposer des possibilités différentes finalement. Mes parents nous ont toujours encouragés à avancer d’une manière ou d’une autre."

Avec ces valeurs, Omar Sy fait tout pour ne pas décevoir ses parents, venant d’une ville où il n’est pas forcément facile de faire les bons choix, Omar Sy garde en tête de ne jamais les décevoir, et ça il le réalise assez tôt : "J’ai la chance d’avoir eu très tôt cette envie de ne pas décevoir mes parents, ce qui m’a aidé, c’est mon éducation !"

Paternité, transmission, on ressent une envie de donner dans ce film, de partager des choses : "On en revient à la paternité. J’ai ça depuis un moment, c’est vrai que ça s'est alourdi et vraiment devenu viscéral à partir du moment où je suis devenu père. Cette envie de transmettre, comme j’ai reçu finalement."

J’ai appris énormément de mes parents, de par ma famille, mes frères, mes sœurs, et même mon voisinage

Omar Sy

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C’est dans une fratrie de huit enfants qu’Omar Sy a grandi à Trappes, une famille certes nombreuse, mais très heureuse : "J’ai des souvenirs d’enfance. Beaucoup, beaucoup de rigolade, beaucoup de bons moments, d’échanges, de partage et surtout d’apprentissage."

Trappes, ville multiculturelle qui a façonné une génération connue du public français dont Omar Sy fait partie, reste un élément clé pour lui. "Trappes est une ville assez particulière où honnêtement en étant là-bas, j’ai l’impression d’avoir voyagé dans le monde entier, c’est d’ailleurs ça qui a alimenté mon goût du voyage aujourd’hui."

Une carrière qui débute par l’humour 

C’est Jamel Debbouze, alors jeune et prometteur, ami de son frère et qui vient lui aussi de Trappes qui fait rentrer Omar Sy à Radio Nova. Alors jeune lycéen, il écrit des piges pour la station. "C’est un peu une histoire de famille, c’est vrai que lui m’embarque là-dedans, je faisais un peu le pitre pour amuser mes potes, mais ça n’allait pas plus loin, sauf que lui, il a vu quelque chose, il a senti tout ce qui se passe aujourd’hui et c’est lui qui m’attrape et me met sur cette voie-là, je suis très reconnaissant et je lui dois beaucoup pour ça."

Le succès, il ne l'a pas cherché, c’est venu à lui et il n’était pas préparé d’une part par son éducation prônant la discrétion, de l’autre pour cet apparat que lui a apporté la célébrité. "Avoir mon nom comme ça affiché, arriver quelque part et qu’on sache déjà mon nom, là pour le coup, c’est complétement contraire à mon éducation. J'ai été élevé dans la discrétion et il y a des choses qui ne se font pas ".


Suivant Jamel Debbouze, toujours à Radio Nova, il y fait la rencontre de celui qui deviendra son acolyte : Fred Testot. 2005 est l’année où Omar Sy et Fred Testot débarquent avec le "Service après-vente des émissions" sur Canal+ sous la forme de petits sketches. On y découvre alors un duo de comédiens interprétant tous les jours des personnages hauts en couleur.

Avec Fred, on dit que Canal, c’était notre centre de formation où on a appris énormément, on s’est beaucoup nourris l’un de l’autre, on était très complémentaires, tout ce que je suis aujourd’hui sort de là

Omar Sy

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Mais c’est en 2011 que la carrière d’Omar Sy prend réellement son envol. Avec plus de 19 millions de spectateurs, classé au premier rang du box-office français, Intouchables devient un film culte, un intemporel, un intouchable du cinéma français.

Une ascension fulgurante

À partir de là, s’ensuit pour Omar Sy une ascension médiatique hexagonale et internationale. Le comédien devient la 3e personnalité préférée des Français, Intouchables lui fait remporter le Globe de cristal en 2012 du meilleur acteur, le Prix du meilleur acteur ex-æquo avec son partenaire François Cluzet au Festival international du film de Tokyo et le César du meilleur acteur lors de la 37e cérémonie des César en 2012. Il devient par la même occasion le premier acteur noir à se voir décerné le César du meilleur acteur qui sonne comme une victoire, un début de conquête pour les acteurs issus de l’immigration. Un hymne à la tolérance. " Intouchables ça commence avec les jours heureux, après ça Éric et Olivier à chaque fois qu’ils font un film, ils pensent à moi, et finalement, c'est des rôles de plus en plus grands, des responsabilités de plus en plus importantes. Jusqu’au moment où ils me disent 'écoute, on va faire un film et tu seras le rôle principal, on veut que tu saches que tu es un acteur'. Je leur ai dit 'OK les gars !'"

Quand j'ai le César du meilleur acteur, je rentre chez moi, je me dis, 'mais en fait, ils l'ont fait parce qu'à la base, ils font ce film pour que je me sente acteur', et c'est finalement quand je reçois ce César que je me dis 'oui finalement je suis acteur, en tout cas, je suis accepté en tant que tel !'

Omar Sy

à France Info

Avec tous ces succès, toute cette médiatisation, une conquête réussie d'Hollywood, avec des rôles prometteurs pour Omar Sy auprès des plus grands, on se demande aujourd'hui si Omar Sy a encore d’autres rêves à réaliser : "Mon rêve il est simple si je peux continuer à vivre celui-là c’est très bien ".

Yao, c’est un film franceinfo, il sort mercredi dans les salles obscures et pour l’occasion, Omar Sy sera l’invité spécial de franceinfo le jour de la sortie.   

L\'acteur Omar Sy le 10 octobre 2016 à Berlin.
L'acteur Omar Sy le 10 octobre 2016 à Berlin. (BRITTA PEDERSEN / DPA)