Le monde d'Élodie, France info

Melody Gardot quand elle a su qu’elle allait chanter avec Sting : "J’ai appelé ma mère tout de suite !"

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd'hui, l’invitée est Melody Gardot, qui sort son cinquième album studio, "Sunset in the Blue", en partie conçu avant le premier confinement. L’occasion de parler de sa collaboration inattendue avec Sting, d’un groupe virtuel et un peu d’elle.

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Melody Gardot, le 17 juin 2020.
Melody Gardot, le 17 juin 2020. (JOEL SAGET / AFP)

Dans son nouvel album Sunset In The Blue, Melody Gardot nous enveloppe à nouveau de sa voix suave, élégante, directe, avec ces touches jazzy qui lui sont chères. Elle raconte enjouée au micro d’Elodie Suigo l'enregistrement étonnant du premier morceau de l’album From Paris with Love réalisé avec les moyens du bord, pendant le confinement, mais dépassant toutes les frontières. Devant l’interdiction de se réunir avec son équipe, l'Américaine a fait appel à des musiciens trouvés sur internet. Et la magie a opéré : "On a envoyé les partitions et les gens ont soumis leurs propositions de musique, qu’ils ont enregistrées chez eux. Et on a rassemblé les trucs avec tous ces gens dans le monde entier, comme un orchestre qui vient de partout sur la planète... Et en fait, ça s’assemble très très bien !"

Dans cet album, il y a aussi un morceau doux et aérien, Little Something, que Melody Gardot interprète en duo avec Sting. Un rendez-vous auquel elle ne s’attendait pas, dit-elle en riant, toujours sous le coup de l’émotion : "J’ai appelé ma mère tout de suite !" Leurs deux voix s’entremêlent à la perfection. Elle s’essaie à autre chose dans ce morceau, explique-t-elle, loin des registres du jazz, folk, de la bossa nova ou encore du fado : "C’est la première fois que je plonge dans ce genre qui est forcément pop ! Je pense que l’année 2020, c’est l’année pour faire ça. Et c’est très important de continuer de construire, de créer des belles choses".

"La musique, c'est le truc qui m’a soignée"

La musique prend toute la place dans sa vie. "Les gens ne comprennent pas que je ne veux pas aller dîner parce que je préfère rester avec le piano... La musique, c'est le truc qui m’a soignée, qui me sauvait. C’est la manière dont je m’exprime. C’est la manière aussi de me réconforter quand je ne suis pas à l'aise..."

Melody Gardot revient de loin. Renversée à vélo par une voiture en 2003, à 18 ans, elle est polytraumatisée : "C’était mon cerveau, l’impossibilité de parler, la mémoire... C’est recommencer à zéro, totalement." Un an d’hôpital pour se réparer et la musicothérapie pour s’accrocher. Elle passe du piano à la guitare. Elle en garde des séquelles mais aussi cette capacité à laisser le temps au temps, à observer le monde.

Je vais doucement parce que j’aime bien regarder tout ce qu’il y a autour de moi. Et vraiment apprécier les détails, comme si je prenais des photos avec mes yeux ,tout le temps, pour essayer d’apprécier la valeur d’une petite plume qui tombe du ciel.

Melody Gardot

à franceinfo

Cette manie de "photographier" avec ses yeux ce qui l’entoure vient des épreuves passées, probablement. Des instants précieux à attraper mais aussi d’une maman, artiste dont elle parle avec beaucoup de douceur : "Elle est un esprit libre, elle m'a toujours dit : ‘Il faut suivre ton cœur, chérie, suivre ton cœur’... Elle est très, très sensible et comme elle est photographe, les images sont très importantes pour moi. La manière dont je regarde le monde, c’est sûrement grâce à ma mère. Elle est artiste, elle est douce, elle est forte, elle est... plein de choses. En fait, ma mère, pour moi c’est un exemple de ce que veut dire être une femme exceptionnelle."

Melody Gardot, le 17 juin 2020.
Melody Gardot, le 17 juin 2020. (JOEL SAGET / AFP)