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Le cinéaste Nicolas Philibert fait des films "pour apprendre"

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Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd'hui, elle reçoit le cinéaste Nicolas Philibert pour le 10e Festival 2 Valenciennes du 10 au 15 mars prochain en tant que président du jury du documentaire.

Article rédigé par
Elodie Suigo - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Nicolas Philibert. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Nicolas Philibert nous parle de sa rencontre avec le documentaire, "ce genre comme on dit". Lorsqu’il souhaite réaliser un premier film, il se tourne vers cet exercice allant à l’encontre, à l'époque, des idées reçues : "On racontait que le documentaire c’était objectif puis en commençant, je me suis rendu compte que c’était tout le contraire, que dans un documentaire autant qu’en fiction, un cinéaste pouvait imposer un point de vue subjectif, singulier et qu’il y avait autant d’écritures, de styles, de démarches que de cinéastes."

Pour moi un film consiste à construire quelque chose avec les personnes dont je m’approche (…). Moi, je fais des films pour apprendre.

Nicolas Philibert

à franceinfo

Enfant, Nicolas Philibert rêve plutôt d’être coureur cycliste ou archéologue et c’est à l’adolescence qu’il se rend compte que le cinéma n’est pas qu’un divertissement mais quelque chose qui permet de "réfléchir sur le monde, sur nous-mêmes et je dirais aussi de voyager ", car à l’époque le foyer n’a pas de télévision. Il raconte que son père était professeur de philosophie et sa mère travaillait à l’université au service d’accueil des étrangers: "Ils m’ont donné le goût du cinéma, du voyage, de la culture, d’aller à la rencontre des autres, j’ai grandi dans ce bain-là."

Les débuts 

Nicolas Philibert raconte ce qu’a changé sa rencontre avec le réalisateur René Allio en tant que stagiaire sur le film Les Camisards (1970) et puis en tant qu’assistant décorateur et accessoiriste sur Rude journée pour la reine (1973) : "Je n’y connaissais rien mais il m’a dit : 'T’es pas plus bête que les autres, tu vas te débrouiller'."  

Et il n’a que 27 ans quand sort son premier film La voix de son maître (1978), un film montrant les rapports entre une douzaine de patrons et des ouvriers évoquant le pouvoir, la hiérarchie, les syndicats, la grève comme une réflexion avant-gardiste sur la société telle qu’elle est aujourd’hui. Il raconte à Elodie Suigo qu’après le cinéma, il décline le film en trois parties d’une heure pour la télévision, qui ne seront jamais diffusées : "Et là, après une projection pour nos protagonistes nous avons appris que les trois heures d’émissions étaient déprogrammées du jour au lendemain sur injonction du cabinet du Premier ministre Raymond Barre qui a fait pression auprès du patron d’Antenne 2. Ça m’a un peu freiné pendant quelques temps, j’ai eu du mal à rebondir."

Les films qui comptent

Nicolas Philibert explique que ce qu’il aime dans son travail c’est de mettre le doigt sur "ce qui fait le lien" : "Je crois que ce qui caractérise mon travail ce n’est pas tant le travail sur l’histoire ou sur la mémoire mais c’est davantage ce qui fait du lien." Après une dizaine de réalisations, on le retrouve en 1997 avec La Moindre des choses : "Il n’arrête pas de circuler. C’est un film qui a énormément compté pour moi". Il raconte avoir été gêné de rentrer dans l’intimité de personnes qu’il pensait vouloir être tranquilles et pourtant, ce sont les patients qui l’ont motivé : "J’avais peur de les instrumentaliser, et puis ils se sont mis à m’encourager". En 2002, c’est le film Être et avoir qui rencontre aussi un grand succès : "Ce n’est pas le film qui m’a échappé, c’est le succès du film parce que je ne m’y attendais pas. J’ai fait ce film comme tous les autres au plus près de ce que j’avais envie de faire."

Je regarde surtout vers l’avenir. Ce qui m’importe c’est les prochains films.

Nicolas Philibert

à franceinfo

Mais Nicolas Philibert garde le silence sur ses projets et en attendant la suite le coffret intégral de ses films est disponible.

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